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25/10/2012 10:43 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Le mufti d'Arabie défend la charia, s'en prend aux partisans d'un Etat civil

Le mufti d'Arabie saoudite a appelé jeudi à se conformer à la charia (loi coranique), critiquant vivement les partisans d'un Etat civil, prôné face à la montée islamiste dans la foulée du Printemps arabe, à l'occasion du pèlerinage musulman de La Mecque.

"La charia doit être pour la nation islamique la source de législation (...). Elle s'applique à tous les aspects de la vie, en tout lieu et en tout temps", a lancé cheikh Abdel Aziz Al-cheikh dans un prêche devant les 2,5 millions de pèlerins réunis sur le Mont Arafat, près de La Mecque, moment fort du hajj.

Il a dénoncé "ceux qui prônent un Etat civil, une minorité qui cherche à asséner un coup à la religion (musulmane) sous des prétextes fallacieux et des slogans erronés".

"Au nom de la liberté, ils prétendent que la religion n'est pas valable, s'opposent à la peine de mort et aux autres peines (prévues en islam comme la lapidation, l'amputation, la flagellation, NDLR) car elles sont contraires aux droits de l'Homme (...) et prétendent que la nation islamique, si elle applique la charia, se coupe des nations évoluées", a-t-il poursuivi.

"Ces prétentions désespérées font partie des campagnes menées par les ennemis de l'islam pour transformer la nation islamique, l'éloigner de sa religion et effacer son identité", a-t-il encore affirmé.

Ses propos surviennent alors que des voix s'élèvent dans le monde arabe pour défendre un Etat civil après l'accession au pouvoir de mouvements islamistes dans des pays dont les dirigeants ont été renversés par le Printemps arabe, comme la Tunisie et l'Egypte.

Le mufti d'Arabie a exhorté "les dirigeants et les peuples musulmans à gérer leurs affaires selon leur propre volonté, à l'abri du diktat de l'étranger" et mis en garde contre le risque de "sédition confessionnelle" dans la région.

L'Arabie saoudite, un royaume ultra-conservateur régi par le wahhabisme, une doctrine rigoriste de l'islam sunnite, a été secouée depuis l'an dernier par des troubles, survenus dans la province orientale où vivent l'essentiel des deux millions de chiites saoudiens, qui se plaignent de discrimination.

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