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25/10/2012 01:31 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne accepte de respecter un cessez-le-feu de quatre jours

BEYROUTH - L'armée syrienne a promis jeudi de respecter un cessez-le-feu de quatre jours pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, mais se réserve le droit de riposter en cas d'attaque des rebelles, selon une annonce diffusée jeudi à la télévision publique syrienne.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, avait proposé cette trêve dans l'espoir qu'elle puisse être prolongée et qu'elle ouvre la voie à des négociations politiques entre les deux camps.

Dans une annonce télévisée, l'armée syrienne a précisé qu'elle riposterait en cas d'attaque des rebelles ou s'ils tentent de se ravitailler. Les forces gouvernementales ont également déclaré qu'elles empêcheraient l'arrivée de renforts rebelles venus des pays voisins.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a salué jeudi l'annonce d'un cessez-le-feu en Syrie, appelant tous les pays et les groupes d'influence à faire pression sur les belligérants pour faire cesser les violences et mener des négociations politiques.

Le monde attend de voir si les armes se tairont vraiment vendredi matin, a souligné le porte-parole du secrétaire général, Martin Nesirky.

Si la trêve est respectée, le personnel humanitaire de l'ONU, en collaboration avec le Croissant-Rouge syrien, se tient prêt à se déplacer dans les zones rendues inaccessibles à cause des combats, a-t-il ajouté.

Les rebelles opposés au régime du président Bachar el-Assad n'ont pas de commandement unifié, mais la plupart ont réagi avec scepticisme à l'acceptation de la trêve par le gouvernement syrien.

Abdelbaset Sieda, chef du Conseil national syrien, le principal groupe d'opposition en exil, a déclaré qu'il avait très peu confiance en parole de Damas et que les rebelles riposteraient en cas d'attaque.

«Nous attendons de voir ce que fait le camp adverse. S'ils s'acceptent, nous accepteront aussi», a-t-il déclaré par téléphone.

Les chefs rebelles présents sur le terrain avaient annoncé ces derniers jours qu'ils ne cesseraient pas les combats, affirmant eux aussi qu'ils ne croyaient pas en l'engagement pris par le régime syrien.

«Il n'y a pas de trêve pour notre peuple. Ils sont toujours soumis à des massacres», a affirmé Bassam al-Dada, un porte-parole des rebelles.

Des militants de l'opposition ont rapporté de violents affrontements jeudi à Alep, en particulier autour de l'aéroport militaire.

Bassam al-Dada a précisé par téléphone que les rebelles avaient pris le contrôle de quartiers qui ont été le théâtre de plusieurs mois d'affrontements, notamment dans le sud-ouest de la ville. Les rebelles ont également pris pour la première fois le quartier kurde d'Ashrafiyeh, dans le nord de la ville, et continuent à se battre dans d'autres quartiers.

Selon M. Al-Dada, les rebelles contrôlent plus de la moitié de la ville et se battent pour prendre le contrôle de la base militaire stratégique de Nairab.

Le gouvernement syrien n'a fait aucune déclaration au sujet des combats à Alep.

Un autre militant de l'opposition joint par Skype a aussi déclaré que les rebelles avaient pris le contrôle du quartier d'Ashrafiyeh. Le militant, qui a seulement voulu s'identifier sous le nom d'Abou Raed par crainte de représailles, a ajouté que les rebelles avançaient vers le quartier d'Al-Siryan Al-Jadideh, à majorité chrétienne.

«C'est une surprise», a dit Abou Jaed. «C'est une progression rapide et dans une direction inattendue.»

Le militant n'était pas en mesure de donner un bilan des personnes tuées ou blessées dans les combats de jeudi à Alep, mais l'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré que neuf personnes avaient été tuées et 15 autres blessées dans des tirs de mortier à Ashrafiyeh. L'Observatoire ne sait pas de quel camp provenaient les tirs.

Des militants de l'opposition ont aussi rapporté de violents combats et des tirs d'artillerie lourde dans des zones rebelles de la périphérie de Damas, la capitale.

Au moins 35 000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection contre le régime du président Bachar el-Assad en mars 2011, selon les militants de l'opposition.