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25/10/2012 01:27 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

La moitié du nord du Mali a besoin d'aide, dit le CICR

Tandis que l'Union africaine (UA) prépare des élections d'ici avril 2013 au Mali, la moitié de la population du nord du pays aura besoin d'aide humanitaire avant la fin de l'année, a déclaré mercredi le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« La situation humanitaire est préoccupante parce qu'une crise politique est venue se greffer sur une crise alimentaire avec des conséquences sur les populations qui se sont déplacées, qui n'ont plus de ressources. [...] La gravité de la crise commence à se faire ressentir », a affirmé Peter Maurer, au terme de sa visite de trois jours au Niger et au Mali.

Tout en appelant à protéger les populations civiles, il a également lancé un appel à mobiliser près de 26 millions de dollars pour venir en aide aux victimes de la crise qui secoue les régions du nord du pays, occupées depuis près de sept mois par des groupes islamistes armés.

Les plus récentes données du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha) publiées mercredi font état de 412 401 personnes ayant « été contraintes de fuir » le nord du Mali « depuis le début de la crise et à cause du conflit ». Ces chiffres comprennent 203 843 déplacés à l'intérieur du pays et 208 558 réfugiés dans les pays voisins.

Selon Ocha, quelque 4,6 millions de personnes sont considérées comme « en risque d'insécurité alimentaire à cause de la crise alimentaire et nutritionnelle, et du conflit » au pays.

Se refusant de dire s'il privilégiait une intervention internationale au Mali, le président du CICR a voulu « insister sur le fait que la situation est vraiment préoccupante ».

« D'éventuels déploiements militaires et une reprise des hostilités dans le nord du Mali auront des répercussions inévitables et il faut être prêt à y répondre », a-t-il conclu par voie de communiqué.

Le Mali réintègre l'UA

Entre-temps, l'Union africaine (UA) a annoncé mercredi avoir réadmis le Mali en son sein, en plus d'avoir approuvé à Addis-Abeba une feuille de route prévoyant la tenue d'élections d'ici avril prochain au pays.

« Le Conseil [de paix et de sécurité de l'UA] décide de lever la suspension du Mali des activités de l'UA », a indiqué la commissaire de l'organisation à la paix et à la sécurité, Ramtane Lamamra.

Le Mali avait été suspendu de l'UA après le coup d'État militaire du 21 mars à Bamako contre le président Amadou Toumani Touré. Les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azaouad (MNLA) avaient alors profité de la déstabilisation du pays pour prendre le contrôle du nord du Mali avec l'aide de groupes islamistes comme Ansar Dine.

Mais en juillet, les islamistes ont déclaré qu'ils contrôlaient la région.

Les Américains étudieraient la possibilité d'une intervention militaire contre ces islamistes radicaux, alors que le président français, François Hollande, a exprimé son inquiétude il y a 10 jours.

Quant à la possibilité d'une intervention militaire africaine, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé aux organisations régionales africaines le 12 octobre dernier de présenter dans les 45 jours des « recommandations détaillées et applicables ».

« Le Conseil de sécurité nous a demandé de produire un plan dans les 45 jours, cela sera fait dans les 45 jours », a assuré mercredi la présidente du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.