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25/10/2012 01:39 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Environ 1000 employés de Sanofi manifestent à Lyon contre la restructuration

LYON, France - Entre 900 et 1000 employés de Sanofi, venus de Toulouse, Montpellier et de la région lyonnaise ont manifesté à Lyon jeudi pour protester contre le plan de restructuration prévu par la direction du groupe pharmaceutique qui devrait entraîner la suppression de 914 postes selon l'entreprise et plus de 1500 d'après les syndicats.

«Sanofi tue sa recherche en France», pouvait-on lire sur de nombreuses banderoles brandies par les manifestants en blouses blanches.

«Sanofi détruit la recherche et agit dans une vision à court terme, car sans recherche tout va s'effondrer», explique Philippe Delmas, délégué CFDT venu de Toulouse. Équipés de klaxons, sifflets et pétards, les manifestants se sont arrêtés devant le siège de Merial, la branche vétérinaire du groupe, et devant les locaux de Sanofi Pasteur, spécialisé dans les vaccins, situés dans le VIIe arrondissement lyonnais, où ils ont effectuée un haka inspiré des rugbymen néozélandais.

«Aux armes Sanofiens, sortez des bâtiments! Crions, crions, d'une seule voix, non aux licenciements», ont-ils ensuite entonné sur l'air de la Marseillaise.

«Derrière moi se trouve une grosse partie de la science française», assure Philippe Mercey, délégué CGT sur le site de Montpellier où 138 postes seraient supprimés en recherche et développement.

«La recherche made in France va disparaître»

Plus loin dans la manifestation organisée par l'intersyndicale (CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SUD), Aude, une technicienne spécialisée dans les désordres auditifs, venue également de Montpellier, sait déjà que son poste va disparaître. «On nous dit qu'on va nous proposer des reclassements. Mais partir pour faire quoi? Pour aller où?, interroge la jeune femme enceinte. Le seul objectif que je devine derrière tout ça c'est juste de faire du fric. La recherche made in France va disparaître.»

L'inquiétude était palpable, jeudi, chez les salariés qui ne savaient pas, pour la plupart, s'ils allaient être directement concernés par les suppressions de postes. «C'est très dur au quotidien, on a le sentiment de vivre entre parenthèses mais entre parenthèses de quoi?», confie Corinne, 50 ans, employée sur le site de Toulouse depuis 25 ans. «C'est une catastrophe. On nous demande de continuer à travailler mais on n'a plus aucune motivation.»

Les employés de Sanofi ont placé beaucoup d'espoir en Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. «Montebourg a annoncé 914 départs volontaires, il s'est trop avancé. Il aurait dû s'engager sur une fourchette et pas sur un chiffre, on sait très bien qu'il y a des licenciements qui se cachent derrière, poursuit Philippe Delmas. Nous serons au congrès du PS samedi pour dire à la gauche qu'on attend plus d'eux et que les mesures prises ne conviennent pas.»