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25/10/2012 02:56 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Déclin du français : Trudeau ne veut pas que la loi 101 soit renforcée

Justin Trudeau ne souhaite pas que la loi 101 soit renforcée, malgré le recul du français au Québec, comme ailleurs au Canada.

De passage à Québec jeudi, le candidat à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) a jugé inopportune la volonté du gouvernement péquiste de redonner du muscle à la Charte de la langue française.

Il faut éviter de relancer « les vieux débats » sur la langue, a dit le député de la circonscription montréalaise de Papineau, au deuxième jour d'une visite de 48 heures dans la Vieille Capitale.

Celui qui aspire à diriger le PLC et éventuellement le Canada croit qu'un resserrement de la loi 101 aurait pour effet de pénaliser les francophones désireux d'offrir les meilleures perspectives d'avenir à leurs enfants.

« Mon inquiétude par rapport à l'enjeu de renforcer la loi 101, c'est qu'on se retrouve à punir les Québécois francophones qui veulent que leurs enfants développent une capacité en anglais, la langue du commerce international. Je trouve que ce n'est pas aller dans la bonne direction », a-t-il analysé.

La faute à la dénatalité

M. Trudeau ne voit pas matière à inquiétude devant les plus récentes données de Statistique Canada qui révèlent une nouvelle diminution du poids relatif du français au pays, notamment à Montréal. À son avis, la perte de terrain du français résulte essentiellement de « la crise démographique » et de « la dénatalité qu'on vit au Québec ».

D'après Statistique Canada, la proportion de locuteurs qui utilisent exclusivement le français à la maison dans la région de Montréal est passée de 62,4 % en 2001 à 56,5 % en 2011.

À l'échelle canadienne, le déclin du français s'est poursuivi entre 2006 et 2011 alors que la proportion de gens ayant le français comme langue maternelle est passée de 22,1 à 21,7 %.

Le Parti québécois au pouvoir pense que ces résultats justifient son engagement électoral de renforcer la loi 101.

En point de presse, mercredi, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a promis une réforme « vraiment costaude » de la loi afin d'assurer la pérennité de la langue officielle du Québec.

Mais Justin Trudeau, citant en exemple la composition ethnolinguistique de sa circonscription, conclut que la loi 101 porte ses fruits dans l'état actuel des choses et n'a pas besoin d'être révisée.

Un effet Trudeau au Québec?

Le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau s'est par ailleurs réjoui des résultats d'un sondage Crop-Le Soleil-La Presse qui tend à démontrer un certain « effet Trudeau » dans les intentions de vote au Québec.

« C'est une indication que les Québécois sont ouverts à une nouvelle politique qui engage, qui écoute et qui est ouverte à tout le monde. Les Québécois et les Canadiens sont fatigués du cynisme encouragé par les politiciens qui préfèrent diviser plutôt que rassembler », a-t-il dit.

Le PLC se donnera un nouveau chef le 14 avril 2013.