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25/10/2012 03:43 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Birmanie: les tensions ethniques menacent les réformes (rapport ONU)

Les tensions ethniques dans l'ouest de la Birmanie menacent de faire capoter les réformes entreprises par le nouveau régime, a estimé jeudi un rapporteur de l'ONU.

Selon le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Birmanie Tomas Ojea Quintana, ces tensions meurtrières dans l'Etat Rakhine montrent "que traiter les problèmes des droits de l'homme doit faire partie intégrante du processus de réformes".

"Le gouvernement doit s'attaquer aux causes sous-jacentes des tensions et du conflit entre les communautés bouddhiste et musulmane dans cette région, y compris l'effet des préjugés et des attitudes discriminatoires", a déclaré à la presse M. Quintana avant de présenter son rapport à l'Assemblée générale.

Le gouvernement birman doit enquêter sur toutes les accusations et "s'occuper de la discrimination endémique à l'encontre des Rohingyas", la minorité musulmane, a-t-il ajouté. Il faut notamment réviser la loi de 1982 sur le citoyenneté et "mettre l'accent sur l'intégration et la réconciliation entre bouddhistes et musulmans".

Après quelques semaines d'accalmie, les affrontements ont repris entre bouddhistes et musulmans dans plusieurs zones de l'Etat Rakhine. Ces violences entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et Rohingyas, une minorité musulmane apatride considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde, ont fait au moins 110 morts depuis juin.

Malgré des améliorations "encourageantes" entreprises par le président Thein Sein, dont la libération de centaines de détenus, il y a toujours un nombre indéterminé de prisonniers politiques et des accusations d'exactions dans le nord de la Birmanie, théâtre depuis plusieurs décennies d'une rebellion ethnique entre le gouvernement et les Kachin.

Selon M. Quintana, l'exploitation des ressources naturelles du pays a aussi conduit à "une augmentation des confiscations de terres et des expulsions forcées".

"Ces défis en termes de droits de l'homme doivent être affrontés si on veut que la transition démocratique et la réconciliation nationale progressent", a-t-il conclu.

tw/avz/rap