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24/10/2012 11:16 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Tour de France - Le peloton ne veut pas payer pour ses aînés

Les ténors du peloton estiment payer les fautes de la précédente génération de coureurs et de ses pratiques dopantes qui ont pris un nouvel écho ces dernières semaines avec les révélations sur le dopage de Lance Armstrong et de son équipe.

En marge de la présentation du parcours du Tour de France 2013 mercredi à Paris, les principaux coureurs du peloton ont souligné la nécessité de restaurer la crédibilité de leur sport... et leur propre crédibilité.

"Le cyclisme, c'est un sport que j'aime et que j'ai toujours aimé. C'est dommage que le cyclisme soit encore plongé là-dedans. Mais je ne dis pas que c'est dommage qu'il (Armstrong) ait été pris, bien sûr ça devait sortir", affirme le vainqueur du dernier Tour, Bradley Wiggins, 32 ans.

"Quand on vieillit, on se rend compte que le Père Noël n'existe pas, et c'est le cas avec Lance. C'est dommage que nous les coureurs, on doive ramasser et recoller les morceaux pour convaincre que ce sport a changé", poursuit-il.

En "colère" à la lecture du rapport de l'Agence américaine antidopage (Usada), le Britannique aimerait qu'Armstrong, silencieux depuis que l'Union cycliste internationale (UCI) lui a retiré lundi ses sept victoires sur le Tour, passe aux aveux.

"Ce serait bien, mais on sait qu'il est têtu et je ne pense pas qu'il avouera. Il a trop à perdre. Mais les preuves semblent acccablantes", a déclaré Wiggins, tout en se montant fataliste sur ces années sombres.

"Le sport était comme ça à l'époque. Tous les coureurs faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour gagner et c'était presque une course plus importante hors du vélo que sur le vélo. Aujourd'hui, quelqu'un prend pour tout cela. Mais le cyclisme n'est plus comme ça. On en est la preuve", assure-t-il.

"Ce rapport interroge forcément, à commencer par moi: en 2005, j'essayais de suivre derrière!", sourit Evans, le prédécesseur de Wiggins en 2011 au palmarès du Tour.

"Pour être quelqu'un qui roule en tête de peloton, je peux vous dire que les choses ont changé! Et la mentalité des équipes, du monde cycliste a changé, c'est aussi ça qui devait évoluer", estime l'Australien de 35 ans.

Certains ont toutefois encore des réticences à blâmer totalement Armstrong, comme son ancien équipier Alberto Contador, vainqueur du Tour en 2007 et 2009 et déchu de sa victoire en 2010 après un contrôle positif.

"Pour moi, c'est compliqué", explique l'Espagnol qui avait l'Américain pour idole dans sa jeunesse. "Il est victime d'une attaque en règle, je ne sais pas à quel point c'est mérité".

Pour effacer des années de dopage suivies d'années de scandales et révélations, la tâche s'annonce énorme.

"C'est difficile de faire que les gens croient à nouveau aux performances. Il faudra quelques générations de spectateurs et de fans pour qu'ils y croient vraiment", estime le champion du monde belge Philippe Gilbert (30 ans). "Ils ont tellement lu et entendu des choses négatives sur nous qu'il est trop tard. On n'a aucune crédibilité. On doit subir ça".

"Ce sera à nous de prouver par nos performances qu'on est devenu propre, un des sports les plus propres au monde. Et c'est parce qu'on combat aussi fermement le dopage qu'on a aussi mauvaise presse", souligne le Britannique Chris Froome (27 ans), le dauphin de Wiggins.

Aux affirmations de certains que le centième Tour de France pourrait marquer un renouveau, Froome préfère la prudence: "J'aimerais penser ça mais l'histoire a souvent montré le contraire. Quand on a affirmé que le sport faisait désormais les choses bien, des gens ont continué à dévier."

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