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24/10/2012 01:58 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Syrie: le Conseil de sécurité de l'ONU appuie la trêve proposée par l'émissaire

BEYROUTH - L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie s'est dit confiant, mercredi, qu'une trêve de quatre jours puisse tenir en Syrie, prévenant qu'un nouvel échec aggraverait le conflit et menacerait davantage les pays voisins.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a endossé à l'unanimité mercredi le cessez-le-feu proposé par Lakhdar Brahimi durant la fête musulmane d'Aïd al-Adha.

M. Brahimi a affirmé que le régime syrien et certains groupes rebelles avaient accepté de baisser les armes durant la fête, qui commence vendredi. Lors d'une vidéoconférence à partir du Caire, M. Brahimi a déclaré au Conseil de sécurité qu'il espérait que la trêve permettrait l'acheminement d'aide humanitaire et le lancement de négociations de paix, selon un diplomate ayant requis l'anonymat.

Mais le régime du président Bachar el-Assad a nié mercredi s'être engagé dans une trêve, tandis qu'un groupe islamiste radical qui combat aux côtés des rebelles a déclaré qu'il ne respecterait pas le cessez-le-feu. D'autres rebelles ont déclaré que la trêve était inopportune.

Les précédents cessez-le-feu en Syrie ont échoué, en partie parce que ni le régime ni les rebelles pensent pouvoir y gagner quoi que ce soit. Les deux camps croient pouvoir encore faire des gains sur le champ de bataille et n'ont jamais accepté les termes de la transition politique proposée par M. Brahimi.

Les violences se sont poursuivies à travers la Syrie mercredi. Deux véhicules piégés ont tué au moins huit passagers d'un autobus à Damas et 12 soldats gouvernementaux près d'un point de contrôle militaire dans le nord du pays, où des raids aériens menés par les forces du régime ont tué 12 civils, selon des militants de l'opposition.

À Douma, en banlieue de Damas, 20 personnes ont été retrouvées mortes dans un édifice, selon un militant de l'opposition, Mohammed Saïd. Parmi les victimes figurent 10 femmes et quatre enfants, a-t-il précisé.

Les opposants ont aussi diffusé une vidéo où l'on voit 13 corps alignés dans une banlieue de Damas, dont certains corps de femmes et d'enfants. Les deux camps se sont attribué la responsabilité de ces décès.

Des mois de conflit sanglant et de profonde méfiance entre le régime et les rebelles laissent penser que le plan de sortie de crise proposé par M. Brahimi sera difficile à appliquer. L'opposition syrienne a déclaré qu'elle ne négocierait pas tant que Bachar el-Assad ne démissionnerait pas.

«Tout au long de son règne et jusqu'à aujourd'hui, le régime syrien signe n'importe quoi mais viole tout», a déclaré Haitham Maleh, un vétéran de l'opposition syrienne, après une réunion entre les opposants syriens et le chef de la Ligue arabe au Caire.

Selon M. Maleh, les rebelles et l'opposition craignent que le régime profite d'un cessez-le-feu pour gagner du terrain sur les insurgés. L'opposition n'acceptera aucune solution qui ne prévoit pas le départ de Bachar el-Assad, a-t-il déclaré.

Abdelbaset Sieda, chef du Conseil national syrien, le principal groupe de l'opposition en exil, a affirmé que les rebelles cesseraient le feu durant la fête, sauf s'ils sont attaqués par les forces gouvernementales. Mais son organisation n'a aucun contrôle sur les rebelles sur le terrain.

Le commandant rebelle Zahran Aloush, de la brigade Al-Islam, en banlieue de Damas, a affirmé qu'il ignorerait la trêve. «Comment pouvons-nous espérer un cessez-le-feu d'un régime qui ne nous a rien donné?», a-t-il lancé lors d'une entrevue par Skype.

Le groupe Jabhat al-Nusra, une organisation liée à Al-Qaïda qui combat aux côtés des rebelles en Syrie, a déclaré qu'il ne baisserait pas les armes. «Il n'y aura aucune trêve entre nous et ce régime qui répand le sang des musulmans», affirme un communiqué du groupe mis en ligne sur des sites islamistes.

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a affirmé que l'arrêt temporaire des opérations militaires devait encore «être étudié» par l'armée. Il précisé que la décision serait annoncée jeudi.

La communauté internationale n'a pas grand-chose d'autre à offrir pour mettre un terme au bain de sang en Syrie. Aucun pays ne semble favorable à une intervention militaire, tandis que le renforcement des sanctions contre le régime syrien sont bloquées par la Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité qui disposent d'un droit de veto.