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24/10/2012 11:14 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Syrie: Brahimi "pas sûr" que le cessez-le-feu envisagé tienne

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi n'est "pas sûr" que le cessez-le-feu envisagé en Syrie tienne et a réclamé un fort soutien de l'ONU, avertissant du risque d'une extension du conflit, selon des diplomates.

Cette trêve serait un "petit pas" qui peut mener à l'ouverture d'un dialogue politique et à un meilleur accès humanitaire, a-t-il estimé devant le Conseil de sécurité.

La méfiance entre les deux camps en Syrie est telle que M. Brahimi a déclaré "ne pas pouvoir être sûr que la trêve tiendra", a indiqué un diplomate présent lors du compte-rendu fait par le médiateur par vidéoconférence aux ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil.

Il a demandé un "soutien fort et unanime" du Conseil à ses efforts de médiation, avertissant "qu'un nouvel échec (du Conseil) entraînerait une escalade et l'extension du conflit à d'autres pays" voisins, a ajouté ce diplomate. M. Brahimi a notamment fait référence aux récents échanges de tirs d'obus entre la Syrie et la Turquie.

Depuis 19 mois que dure la crise syrienne, le Conseil n'a pas réussi à se mettre d'accord pour faire pression sur Damas, la Russie et la Chine protégeant systématiquement leur allié syrien en opposant leur veto à toute initiative occidentale en ce sens.

Le médiateur a exprimé toutefois l'espoir que le "petit pas" que représenterait une trêve "puisse en entraîner d'autres", c'est-à-dire déboucher sur un dialogue en vue d'une transition politique pacifique en Syrie et "permettre la fourniture d'aide humanitaire", notamment à Alep et Idlib (nord) et Homs (centre), a indiqué un autre diplomate.

M. Brahimi a aussi estimé que la situation en Syrie s'était aggravée, indiquant que 360.000 Syriens avaient fui le pays depuis le début du conflit, dont 48.000 pendant le seul mois d'octobre.

M. Brahimi a annoncé mercredi au Caire avoir obtenu l'accord du régime et de responsables rebelles sur une trêve pour l'Aïd al-Adha, une des fêtes musulmanes les plus sacrées, à partir de vendredi en Syrie.

Les deux belligérants ont toutefois nuancé cette annonce, le régime affirmant ne pas avoir pris sa "décision finale" et les rebelles affirmant qu'ils ne se plieraient à la trêve que si les troupes cessaient en premier les hostilités.

Le Conseil de sécurité pourrait publier mercredi une déclaration soutenant les efforts de M. Brahimi, ont indiqué des ambassadeurs du Conseil.

"Nous espérons que le Conseil puisse envoyer un signal fort et se rassembler derrière M. Brahimi", a déclaré à la presse l'ambassadeur allemand Peter Wittig.

Mais à leur entrée dans la salle du Conseil, des ambassadeurs se montraient prudents, voire sceptiques, sur la viabilité d'une trêve.

Pour l'ambassadeur chinois Li Baodong, "même s'il n'y a qu'un pour cent de chance" qu'un cessez-le-feu soit effectif, "il faut déployer un maximum d'efforts". "Nous soutenons les efforts de M. Brahimi", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a reconnu que la tâche était "difficile (car) il y a trop de protagonistes et aussi trop de perturbateurs" qui peuvent faire capoter une trêve.

"Tout le monde est en faveur d'une cessation de la violence, par définition, mais il faudra juger sur pièces", a estimé son homologue français Gérard Araud.

avz/jca