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24/10/2012 08:22 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Plus de cols pour faire oublier Armstrong

Un Tour entièrement en France, une arrivée en soirée, plus de cols, moins de contre-la-montre. C'est avec de tels coups d'éclat que la Grande Boucle fêtera son 100e anniversaire... et tentera de mettre derrière elle la saga Lance Armstrong.

Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a dévoilé mercredi le parcours que les cyclistes emprunteront à partir du 29 juin 2013.

Pour la toute première fois de son histoire, le Tour s'élancera en Corse, où auront lieu les trois premières étapes, et se conclura sur les Champs-Élysées comme le veut la tradition. L'arrivée est toutefois prévue vers 21 h, le 21 juillet, au coucher du soleil, afin de s'assurer que la luminosité soit tout juste suffisante.

« Nous voulions une fin de parcours unique pour la 100e édition », a noté Prudhomme.

Au milieu de ces étapes, les grimpeurs seront servis à souhait. Ils se farciront 28 cols, soit 3 de plus qu'en 2012. Les étapes 9, 18 et 19 seront de loin les plus verticales, avec cinq cols chacune.

La 18e étape réserve d'ailleurs aux coureurs un tracé inédit : une double ascension de l'Alpe d'Huez, soit quelque 13 km à une inclinaison moyenne de plus de 8 %.

Pour s'en remettre, l'interminable col de la Madeleine (19,2 km à 7,9 %) attendra le peloton le lendemain.

En revanche, la part réservée au contre-la-montre sera réduite à 65 km, par rapport aux 101,4 km de 2012. Les organisateurs souhaitent ainsi éviter qu'un coureur fasse cavalier seul comme ça a été le cas du Britannique Bradley Wiggins l'été dernier.

Ce parcours a d'ailleurs amené Wiggins à réfléchir à sa stratégie. Le champion en titre a déjà fait savoir qu'il visera plutôt le titre au Tour d'Italie l'an prochain, et qu'il épaulera son coéquipier Chris Froome à la Grande Boucle.

Pour la première fois en 10 ans, le Tour sera entièrement disputé à l'intérieur des frontières françaises.

« Nous, Français, ne sommes peut-être pas fantastiques, mais notre pays est magnifique », a lancé Prudhomme à la blague.

L'ennemi numéro 1

Dans la foulée du retrait des sept victoires d'Armstrong dans l'Hexagone, il y avait évidemment unanimité quant à la lutte contre le dopage.

« Le dopage est l'ennemi. Le Tour sera plus fort que le dopage », a martelé Prudhomme, avant de rappeler l'importance des directeurs d'équipes, « qui ont la clé » du problème.

Ces derniers ont visiblement saisi le message. Deux d'entre eux, Jean-René Bernardeau (Europcar) et Jonathan Vaughters (Garmin-Sharp-Barracuda), ont dit souhaiter une enquête indépendante sur le dopage et sont prêts à financer un tel exercice.

« Tout le monde dans ce sport est biaisé. Mais une commission indépendante pourrait analyser la situation et dire : "Ici, on agit bien. Là, on a besoin d'amélioration", et ainsi de suite », a mentionné Vaughters.

Contador ambivalent

Vainqueur des éditions 2007 et 2009 du Tour, Alberto Contador était évidemment sur place pour l'annonce.

L'Espagnol, lui-même privé de sa victoire en 2010 pour dopage, a reconnu que l'Union cycliste internationale a bien agi en dépouillant Armstrong de ses sept titres. « Ça va dans la bonne direction », a-t-il jugé.

Le coureur Saxo Bank croit toutefois que l'Américain mérite encore du respect et qu'il « a beaucoup fait pour le cyclisme ».

« Lance est le coureur qui m'a fait aimer le cyclisme, c'est le coureur qui m'a le plus marqué. Et il y a cette histoire. Pour moi, c'est compliqué. Il est victime d'une attaque en règle, je ne sais pas à quel point c'est mérité.

« Il a beaucoup fait pour le cyclisme. Grâce à lui, des gens très influents aux États-Unis ont enfourché un vélo. Grâce à lui, les gens là-bas savent ce qu'est le Tour de France et il y a de grandes équipes américaines et de grandes courses. Lance a aidé à faire tout ça, et cela mérite tout mon respect. »

Wiggins, lui, a plutôt jugé qu'Armstrong rendrait service au sport s'il passait aux aveux.

« Ce serait bien, mais on sait qu'il est têtu et je ne pense pas qu'il avouera. Il a trop à perdre, mais les preuves semblent accablantes », a déclaré le Britannique de 32 ans.

« C'est dommage que le cyclisme soit encore plongé dans une affaire de dopage. Mais je ne dis pas que c'est dommage qu'Armstrong ait été pris, bien sûr ça devait sortir. Quand on vieillit, on se rend compte que le père Noël n'existe pas, et c'est le cas avec Lance. C'est dommage que nous, les coureurs, devions ramasser et recoller les morceaux pour convaincre les gens que ce sport a changé. »