NOUVELLES
24/10/2012 11:00 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Les données du recensement confortent De Courcy à agir sur plusieurs fronts

QUÉBEC - De nouvelles statistiques démontrant un recul du français confortent les péquistes à agir sur plusieurs fronts, a déclaré mercredi la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.

Mme De Courcy a affirmé qu'elle n'était pas surprise mais déçue des données de recensement dévoilées par Statistique Canada.

En 2011, 39 pour cent des habitants de l'île de Montréal parlaient uniquement le français dans leur foyer, une baisse par rapport au chiffre de 46 pour cent en 2001. L'anglais suit la même tendance aussi à la maison, selon les données du recensement.

Pour l'ensemble du Québec, le nombre de personnes déclarant le français comme langue la plus parlée au foyer a légèrement reculé, à 82,5 pour cent l'an dernier, contre 82,7 pour cent en 2006. Le pourcentage de Québécois parlant uniquement le français à la maison a aussi diminué, passant de 75,1 pour cent en 2006 à 72,8 pour cent en 2011.

Lors d'un point de presse, Mme De Courcy a déclaré que le gouvernement continue sa préparation d'une refonte de la loi 101.

La ministre a aussi évoqué les écoles passerelles, qui ouvrent l'accès au réseau scolaire anglophone, et la place du français au travail.

«Ce que ça me dit, c'est que nécessairement, il va falloir agir sur plusieurs fronts de façons différentes», a-t-elle dit.

Mme De Courcy a déclaré qu'elle évalue en ce moment la situation et qu'elle attend notamment cet automne de nouvelles études de l'Office québécois de la langue française sur la place du français au travail.

«Les données de Statistique Canada nous confortent à aller vérifier plus loin, mais plus loin que ça il faut nous laisser travailler», a-t-elle dit.

Constatant que le nombre d'immigrants parlant français à la maison a légèrement augmenté depuis 2006, passant de 23 à 24 pour cent, la ministre a affirmé qu'elle attendra un portrait plus complet avant de se réjouir.

«C'est le début d'une bonne nouvelle, a-t-elle dit. Ce qu'il me manque pour m'en réjouir complètement c'est, si ça va bien à la maison, est-ce que ça va aussi bien au travail?»

Mme De Courcy a reconnu que le programme électoral du PQ propose des changements importants qui demandent d'agir avec prudence.

Alors que les péquistes se sont engagés à déposer une refonte de la Charte de la langue française dans les 100 jours suivant l'élection du 4 septembre, Mme De Courcy a déclaré qu'il faudra attendre le discours inaugural de la première ministre Pauline Marois, la semaine prochaine, pour en savoir plus.

«C'est une réforme costaude, vraiment costaude, et c'est pour ça qu'elle demande patience, temps, pas de précipitation et certainement pas de lancer des mesures à hue et à dia», a-t-elle dit.

Plus tôt, d'autres ministres du gouvernement avaient déploré le recul du français constaté dans les plus récentes données du recensement dévoilées mercredi.

Commentant les chiffres à Montréal, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a affirmé qu'il faut des mesures solides pour protéger le français sur l'île.

«Il faut qu'il y ait une Charte de la langue française qui soit suffisamment puissante pour protéger la différence en Amérique du Nord, qui est la différence francophone et sa culture», a-t-il dit avant le conseil des ministres.

Le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, a déclaré que les nouvelles données de Statistique Canada confirment les prédictions des péquistes.

Selon M. Lisée, les plus récentes données s'expliquent par le fait que les immigrants parlent davantage leur langue maternelle.

«Ce n'est pas un progrès de l'anglais, c'est le fait qu'un certain nombre de Montréalais d'origine étrangère retiennent leur langue première pendant très longtemps, ce qui est parfaitement légitime de leur part, a-t-il dit. Mais moins il y a de francophones sur l'île, moins les francophones peuvent intégrer les autres.»

Le ministre a affirmé qu'il prépare des initiatives pour inciter les familles francophones à demeurer sur l'île de Montréal.

«Il y a des familles qui, à l'arrivée du premier ou du deuxième enfant, pour des raisons financières, vont en banlieue, a-t-il dit. Si on réussissait à les retenir, de différentes façons, ça modifierait la tendance.»

L'accès à l'habitation par des logements abordables est l'un des aspects envisagés, a expliqué M. Lisée.