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24/10/2012 10:09 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Jérôme Kerviel est condamné à trois ans ferme et 4,9 milliards d'euros

PARIS - Jérôme Kerviel a été condamné mercredi à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ferme, par la cour d'appel de Paris. L'ancien courtier devra en outre rembourser 4,9 milliards d'euros à la Société générale. Cette peine est identique à celle prononcée en première instance en octobre 2010.

La cour d'appel a condamné l'ancien courtier de la Société générale pour abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique, ainsi que faux et usage de faux.

«Je constate que nous avons échoué», a réagi son avocat Me David Koubbi qui doit réfléchir avec Jérôme Kerviel sur un éventuel pourvoi en cassation. Il a cinq jours pour déposer un tel recours.

«Nous nous étions fixés pour objectif de défendre M. Kerviel contre une injustice absolument lamentable (...) Je constate qu'en dépit des nombreux éléments nouveaux que la défense a été capable d'apporter (...) rien n'a pu infléchir la décision de première instance», a poursuivi Me Koubbi.

La cour considère, dans son arrêt de 105 pages, que M. Kerviel a passé sur le marché «sciemment et à l'insu de son employeur» des ordres d'un montant «exorbitant, dépourvus de toute couverture» qui ont fait «courir pour son employeur des risques considérables».

Sur le plan civil, la cour estime «qu'il est patent que le préjudice causé trouve son origine dans la prise de positions directionnelles hors mandat pour un montant de 50 milliards d'euros dissimulés par des positions fictives du même montant, qu'il s'en suit que la Société générale est en droit d'obtenir la réparation de l'intégralité d'un préjudice financier résultant du débouclage de cette position».

Avec cette peine de trois ans ferme, l'ancien courtier pourrait séjourner en prison s'il décidait de ne pas se pourvoir en cassation. Il avait déjà effectué 41 jours de détention provisoire en 2008.

Lors de l'audience fin juin, le parquet général avait requis cinq ans de prison ferme. L'avocat général Dominique Gaillardot l'avait qualifié de «pervers manipulateur».

M. Kerviel avait, pour la première fois depuis quatre ans, demandé «pardon» aux salariés de la banque, et souhaité que «(s)on calvaire s'arrête». «Si vous deviez le condamner, il faudrait que ce soit à une chose à laquelle il pourrait survivre: ni la perpétuité financière (...) ni quoi que ce soit qui pourrait l'empêcher de retourner voir sa mère», malade, avait plaidé Me Koubbi.