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23/10/2012 08:10 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Nouveau pilonnage rebelle de la capitale du Kordofan-Sud au Soudan: 2 morts

Les rebelles soudanais ont tiré mardi des obus contre la capitale de l'Etat soudanais du Kordofan-Sud, tuant deux enfants, dans la deuxième attaque du genre depuis début octobre, selon l'armée.

Les rebelles de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) ont revendiqué ces tirs en disant riposter à des raids aériens de l'armée contre des villages du Kordofan-Sud, un Etat frontalier du Soudan du Sud théâtre de combats depuis juin 2011.

"Je peux confirmer une riposte du SPLM-N avec des obus de mortier ce matin" sur la capitale Kadougli, a déclaré à l'AFP Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole des rebelles.

Dans un communiqué la veille, le SPLM-N a fait état "de raids aériens indiscriminés" de l'armée entre le 18 et 21 octobre contre des villages des localités d'Oum Durain et El Bouram, à l'est de Kadougli. Les frappes ont touché des fermes et blessé trois enfants, a-t-il dit en menaçant les forces de Khartoum de "tous les scénarios d'attaques possibles".

Selon Sawarmi Khaled Saad, porte-parole de l'armée, les rebelles ont bombardé trois barrages militaires à l'extérieur de Kadougli mais un obus est tombé dans la ville, tuant deux enfants et blessant huit personnes.

"Les forces armées ont lancé une importante offensive pour retrouver les rebelles cachés dans les collines", a-t-il dit.

Selon des témoins, les obus sont tombés notamment dans le centre-ville.

"A 09H00 (06H00 GMT), les obus ont commencé à tomber", a indiqué l'un des témoins. "La maison de mon oncle a été touchée et a pris feu", a-t-il dit, soulignant qu'il avait fui le secteur. "J'ai vu quatre personnes blessées".

"J'ai entendu une vingtaine d'explosions et j'ai vu un obus s'abattre sur une entreprise de travaux publics", a indiqué un autre résident de Kadougli. "La plupart des habitants sont en train de fuir le centre-ville".

Damian Rance, du Bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires à Khartoum (Ocha), a déclaré: "Nous avons aussi entendu qu'il y avait eu des raids aériens à l'extérieur de Kadougli, suivis de tirs d'obus qui sont tombés sur la ville".

Du 8 au 10 octobre, les rebelles avaient tiré des obus sur Kadougli en riposte à des raids de l'armée. Ces tirs, condamnés par l'ONU, avaient tué sept femmes et enfants selon les médias officiels.

Fin septembre, le régime islamiste à Khartoum et le pouvoir à Juba ont conclu des accords de sécurité et de coopération, salués comme la fin du conflit entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Ils comprennent la mise en place d'une "zone frontalière démilitarisée". Cette zone-tampon, large de 10 km de part et d'autre de l'actuelle "ligne de contrôle", vise à éviter toute reprise des affrontements et à couper les lignes d'approvisionnement des rebelles actifs au Kordofan-Sud et dans le Nil-Bleu.

Khartoum accuse Juba, qui dément, de soutenir les rebelles.

Les tensions entre Juba et Khartoum avaient dégénéré entre mars et mai derniers en combats à la frontière entre leurs deux armées, les plus intenses depuis la partition du Soudan en juillet 2011.

La communauté internationale, très inquiète du risque d'un nouveau conflit à grande échelle entre nordistes et sudistes, maintenait une pression constante afin de parvenir à un accord définitif.

Les rebelles du SPLM-N ont repris les armes contre Khartoum après avoir combattu aux côtés des Soudanais du Sud durant plus de deux décennies de guerre civile qui ont abouti à un accord de paix en 2005 et à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

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