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23/10/2012 10:42 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

L'UCI doit corriger les erreurs du passé, selon le président de l'AMA

SYDNEY - L'Union cycliste internationale ne retrouvera pas sa crédibilité tant et aussi longtemps que ceux qui la dirigeaient pendant l'ère Lance Armstrong ne seront pas exclus du cyclisme, estime le président de l'Agence mondiale antidopage John Fahey.

L'UCI doit «enlever ses oeillères» et examiner son propre passé, a déclaré Fahey à Fox Sports en Australie, après qu'Armstrong eut été privé de ses sept titres au Tour de France par l'organisme régissant le cyclisme mondial.

«Avec le recul, il est clair que le dopage était répandu, a noté Fahey. Si le dopage était aussi répandu, alors la question qu'on peut légitimement poser, c'est: qui tentait de l'arrêter? Qui travaillait dans le but d'y faire obstacle? Pourquoi cela n'a pas été stoppé? Je crois qu'il est pertinent de poser ces questions.»

Fahey a dit avoir hâte de voir ce que l'UCI proposera pour s'assurer qu'une «débâcle» à la Armstrong n'arrive plus jamais.

«Ce n'est pas une situation où on peut se dire qu'on va prendre une décision et ensuite aller de l'avant comme si c'était sans conséquence», a-t-il déclaré.

«Il est clair que (l'UCI) doit enlever les oeillères, examiner le passé, étudier les gens qui sont là, se demander si ce sont les mêmes gens qui sont impliqués dans le sport et s'il est possible d'aller de l'avant avec les gens qui restent.

«Je ne crois pas que ce sera crédible s'ils ne font pas cela et je crois qu'ils ont besoin que les gens reprennent confiance en ce sport, afin que les millions d'amateurs à travers le monde regardent et soutiennent ce sport dans les prochaines années. En ce moment, si vous êtes un amateur de cyclisme, vous vous dites 'pourquoi prendre la peine'?»

«Tout le monde» se dopait pendant l'ère Armstrong et l'UCI se doit d'examiner comment un dopage aussi répandu a pu passer inaperçu, a ajouté Fahey.

«Les éléments de preuves qui ont été fournis (à l'Agence antidopage américaine) par ces coureurs qui étaient les coéquipiers de Lance Armstrong, un après l'autre ils ont dit la même chose — qu'on ne pouvait pas courir à moins d'être dopé.»

L'UCI sera bel et bien en mesure de regagner sa crédibilité, a de son côté indiqué Pat McQuaid, le président de l'Union cycliste, au cours d'un entretien avec l'Associated Press.

«Les décisions que nous avons prises (lundi) nous ont donné l'autorité morale, a estimé McQuaid, en faisant allusion à la décision de son organisme, lundi, d'entériner les sanctions avancées par la USADA et d'enlever à Armstrong ses sept titres remportés au Tour de France.

«Nous n'avons pas tenté de trouver une façon de défendre une légende de notre sport — nous avons accepté la réalité, a également dit McQuaid, qui est devenu président de l'UCI deux mois après que Armstrong eut signé sa septième victoire au Tour. Nous avons accepté les faits et les faits sont là. Je suis une personne pragmatique et je crois que peu importe à quelle point les conséquences peuvent être graves, il faut prendre la décision.

«Qu'est-ce qu'il y a dans notre sport qui force les athlètes à faire ce qu'ils font? Si nous pouvons changer la structure afin qu'elle affaiblisse les possibilités que les athlètes et les équipes adoptent des programmes de dopage, nous allons le mettre de l'avant.»

L'AMA n'accepte pas que le prédécesseur de McQuaid, Hein Verbruggen, puisse assister aux réunions du conseil d'administration de l'UCI à titre de président honoraire.

«Il n'y a rien dans le rapport de la USADA qui associe M. Verbruggen à des délits», a cependant souligné McQuaid, qui a affirmé qu'il ne remettrait pas sa démission et qu'il avait même l'intention de briguer un troisième mandat de quatre ans à titre de président au mois de septembre prochain.