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23/10/2012 12:05 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

L'élection est une affaire de confiance, martèle Obama dans le sprint final

Engagé dans le sprint final face à Mitt Romney, Barack Obama a martelé mardi que la présidentielle était une affaire de confiance, ironisant sur la "Romnésie" frappant son adversaire qui a adopté un discours plus modéré pour conquérir l'électorat centriste.

"Nous sommes habitués à voir des politiques changer de positions par rapport à celles qu'ils soutenaient quatre ans plus tôt, pas quatre jours plus tôt...", a lancé le président démocrate au lendemain du dernier débat en Floride (sud-est) consacré à la politique étrangère.

Devant quelque 11.000 personnes enthousiastes à Delray Beach, à 80 km au nord de Miami, M. Obama a appelé les Américains à lui faire confiance. "Il n'y a pas d'élément plus déterminant dans une campagne présidentielle que la confiance. Vous me connaissez, vous savez que je dis ce que je pense et que je pense ce que je dis".

A 14 jours du scrutin, Obama et Romney sont au coude à coude dans le sprint final, une situation qui va les conduire à quadriller inlassablement les Etats clés qui pourraient faire la différence.

Après la Floride, M. Obama devait se rendre dans un autre Etat crucial, l'Ohio (nord) pour une deuxième réunion électorale où il retrouvera son vice-président Joe Biden. Mercredi, sa tournée prendra l'allure d'un marathon avec des étapes prévues dans l'Iowa, le Colorado et le Nevada, et même en Californie, où il participera à une émission télévisée.

De son côté, M. Romney était attendu mardi dans le Nevada et le Colorado, les deux principaux territoires de l'ouest pouvant décider du résultat du scrutin.

M. Obama a joué à plein sa partition de commandant en chef lors du débat de lundi soir, dépeignant son adversaire comme incompétent et indécis en politique étrangère.

Cette stratégie offensive de M. Obama semble avoir payé, à en croire des sondages instantanés, qui donnaient le président sortant vainqueur du débat, avec des écarts plus ou moins importants.

Toutefois, selon Christopher Arterton, spécialiste de politique à l'université George-Washington, M. Romney "a été capable de montrer qu'il n'était pas le conservateur dangereux et déchaîné qu'Obama essayait de dépeindre". Cette image pourrait l'aider "particulièrement dans les Etats qu'il doit gagner, la Floride et l'Ohio".

"Ce que le gouverneur Romney a montré (...) c'est qu'il n'est pas prêt à être le commandant en chef de l'armée des Etats-Unis. Il a montré un manque de profondeur sur ce qui se produit dans le monde", a affirmé pour sa part Joe Biden sur l'antenne d'ABC mardi.

Mais pour le colistier de M. Romney, Paul Ryan, le candidat républicain a donné "des réponses claires, une vision claire pour la politique étrangère". En revanche, "nous n'avons pas eu de programme (de M. Obama)" sur ce sujet, a-t-il assuré, également sur ABC.

Attaquée sur son "manque de programme" pour les quatre prochaines années, l'équipe de M. Obama a répliqué mardi matin en diffusant un "projet pour les Etats-Unis" destiné à "continuer à faire aller les Etats-Unis de l'avant et rétablir la sécurité économique de la classe moyenne, un nouveau patriotisme économique", reprise des précédentes propositions du président.

Ce plan appelle à investir dans l'éducation, le secteur manufacturier et les sources d'énergie américaines. Il défend une réduction des déficits via un rééquilibrage de la fiscalité demandant aux plus riches de payer davantage, et vante une fin de l'engagement américain en Afghanistan comme une occasion de "reconstruire notre pays".

MM. Obama et Romney sont dans un mouchoir de poche dans la plupart des sondages nationaux même si le dirigeant sortant conserve une avance dans plusieurs Etats-clés où M. Romney doit triompher s'il veut espérer s'installer à la Maison Blanche.

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