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23/10/2012 05:22 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Contestation au Koweït: Washington critique le gouvernement

La diplomatie américaine a implicitement critiqué mardi le gouvernement du Koweït, confronté à une contestation sans précédent qu'il a violemment réprimée dimanche, Washington défendant les "droits universels" à se rassembler dans le calme et à s'exprimer librement.

"Nous suivons évidemment avec attention la situation à Koweït City, particulièrement depuis qu'hier soir (dimanche soir, Ndlr) la police a dispersé par la force ce que le gouvernement koweïtien a qualifié de manifestations illégales", a commenté la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

L'opposition au Koweït s'était déclarée lundi déterminée à poursuivre son mouvement de contestation, malgré la violente répression la veille de la plus grande manifestation dans l'histoire de l'émirat, sans remettre en cause le règne de la dynastie des Al Sabah.

Dimanche soir, la police avait fait usage de gaz lacrymogène, de bombes assourdissantes et de balles en caoutchouc pour disperser des manifestants qui protestaient contre un amendement de la loi électorale.

Plus de 100 manifestants et onze policiers avaient été blessés.

"Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue, à gérer leurs différences de manière pacifique et en conformité avec la Constitution et l'Etat de droit au Koweït, y compris avec les droits universels des Koweïtiens à se rassembler pacifiquement et à s'exprimer", a déclaré la diplomate américaine. "Nous soutenons le droit au rassemblement pacifique, que ce soit au Koweït ou n'importe où ailleurs dans le monde", a insisté Mme Nuland.

L'opposition au Koweït avait appelé à manifester dimanche soir contre la décision de l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, de modifier la loi électorale avant les élections législatives anticipées du 1er décembre, redoutant une manipulation du scrutin.

En 1962, le Koweït a été le premier pays arabe du Golfe à se doter d'une Constitution et opter pour une démocratie parlementaire, jugée souvent incomplète car l'émir et sa dynastie jouissent de larges pouvoirs. Des crises politiques à répétition ont conduit à la dissolution du Parlement à neuf reprises, dont six depuis la mi-2006.

L'opposition, qui rassemble des islamistes, des nationalistes et des libéraux, réclame des réformes démocratiques de fond pour réduire l'emprise des Al-Sabah sur les rouages de l'Etat, avec en particulier un gouvernement élu et une lutte renforcée contre la corruption.

Les différends politiques ont entravé le développement de l'émirat malgré des réserves en devises de plus de 400 milliards de dollars, tirées de ses recettes pétrolières.

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