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22/10/2012 01:33 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

McQuaid: "Verbruggen n'a pas tenu la main des coureurs de l'US Postal"

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI) Pat McQuaid a rejeté lundi toute responsabilité de son prédécesseur Hein Verbruggen dans l'affaire Armstrong: "il n'a pas tenu la main des coureurs de l'US Postal quand ils se plantaient des aiguilles", a-t-il dit à l'AFP.

Q: Soutenez-vous sans réserve votre prédécesseur Hein Verbruggen, particulièrement mis en cause dans le rapport de l'Usada, l'Agence antidopage américaine ?

R: "Ce n'est pas la question de le soutenir ou non. Il n'y a rien dans le rapport de l'Usada qui prouve qu'il ait fait quelque chose de mal. Avec respect, je pense que des athlètes qui demandent sa démission tentent simplement de se défausser de leur propre responsabilité. Ces gars sont des adultes et qui ont pris la décision de se doper. Et je ne pense pas que soit la faute de quiconque d'autre mais la leur. Vous pouvez incomber la responsabilité au président ou à qui vous voulez, mais M. Verbruggen n'a pas tenu la main de David Millar quand il s'injectait une seringue, pas plus qu'il n'a tenu la main des coureurs de l'US Postal quand ils se plantaient des aiguilles. Ils ont pris cette décision, et l'ont fait de manière cachée, en essayant de jouer du système, et en oeuvrant à tout moment pour être meilleur que le système. Je ne pense pas que vous puissiez blâmer les autorités pour ce que ces gars se faisaient".

Q: Alors ne craignez-vous pas que le rapport ne reste désormais la vérité officielle sur le rôle joué par l'UCI durant les années Armstrong?

R: "Laissez moi dire que l'UCI n'accepte pas beaucoup des critiques formulées dans le rapport de l'Usada. Ce qui s'est passé, s'est passé au niveau de l'équipe. Il n'y a aucun doute là-dessus, mais il ne faut pas supposer que cela se passait dans chaque équipe. Certainement, ce que prouve le rapport est que le système antidopage n'était pas assez robuste pour attraper les tricheurs. Ces gars ont mis en place un système sophistiqué pour déjouer le système antidopage et ils ont réussi".

Q: Les performances d'Armstrong ont toujours suscité une grande suspicion, au vu de certains éléments déjà connus à l'époque. N'aviez-vous vraiment pas idée de qui se passait dans l'équipe d'Armstrong avant ce rapport ?

R: "Nous n'avions pas idée. Ces coureurs étaient contrôlés négatifs. Nous avons contrôlé Armstrong plus de 200 fois et il était toujours négatif. l'Usada l'a contrôlé aussi. Il faut garder en tête que ce rapport a eu lieu parce qu'il y a d'abord une enquête fédérale menée par Jeff Novitzky. Cela prouve la nécessité que la police soit impliquée dans des enquêtes antidopages. Et il est facile de dire aujourd'hui que les choses auraient dû être faites différemment en 2000, mais le système de l'époque était bien plus basique et brut qu'aujourd'hui, même le test de détection de l'EPO. Quand nous avions des cas de contrôles suspects, nous appelions les coureurs. Tyler Hamilton a été convoqué à l'UCI en 2001 ou 2002 pour ces raisons, et il nous disait: +vos machines ne doivent pas être bien calibrées parce que je ne prends rien+. Et plus tard, il a été contrôlé positif trois fois."

Propos recueillis par Justin DAVIS et Stéphanie PERTUISET

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