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20/10/2012 03:34 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Arrestation de l'ex-porte-parole de Kadhafi, combats meurtriers à Bani Walid

La Libye a annoncé samedi l'arrestation d'un des derniers sbires de Mouammar Kadhafi, son porte-parole Moussa Ibrahim, et de nouveaux combats ont fait neuf morts dans l'ouest du pays, un an jour pour jour après la capture et la mort du dictateur libyen.

A l'occasion de ce 1er anniversaire, les autorités ont estimé que le pays n'avait été "totalement libéré" du régime Kadhafi, citant notamment Bani Walid, où de nouveaux combats entre des combattants restés fidèles au dirigeant déchu et des anciens rebelles ont fait au moins neuf morts et 122 blessés.

"Arrestation de Moussa Ibrahim par des forces appartenant au gouvernement de transition à un barrage de Tarhouna", ville entre Bani Walid et Tripoli, affirme un bref communiqué du gouvernement, précisant qu'il est en route pour "Tripoli où il sera remis aux autorités compétentes pour son interrogatoire".

Le vice-Premier ministre Moustapha Abou Chagour a confirmé l'arrestation sur Twitter, affirmant que "le criminel Moussa Ibrahim a été arrêté et est en route pour Tripoli".

Des rumeurs avaient circulé sur l'arrestation de M. Ibrahim et celle de deux autres personnalités du régime déchu alors qu'ils tentaient de fuir Bani Walid (ouest) assiégée depuis plus de deux semaines par d'ex-rebelles désormais enrôlés dans les troupes gouvernementales.

L'annonce de l'arrestation de celui qui était devenu la personnalité la plus en vue du régime lors de la révolte en 2011 avec ses apparitions quasi-quotidiennes sur les télévisions du monde entier, a coïncidé avec le 1er anniversaire de la mort du colonel Kadhafi après sa capture par les rebelles le 20 octobre 2011 à l'issue d'un conflit armé de huit mois.

Elle intervient aussi quelques heures après que le président de l'assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, a reconnu que "la libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions".

Dans un discours, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état de "retard" et de "négligence" dans la formation d'une armée et d'une police et dans le contrôle des armes, et dénonçant la non intégration de tous les ex-rebelles dans les institutions de l'Etat.

Il a aussi déploré le retard dans la réforme de la justice et la réconciliation nationale.

Selon lui, cette situation a permis à "des vestiges de l'ancien régime de s'infiltrer dans les organes de l'Etat et de comploter avec ceux (de l'étranger) contre la révolution et sa direction légitime".

Neuf morts et 122 blessés à Bani Walid --------------------------------------

Au moment où M. Ibrahim était arrêté, de nouveaux combats à Bani Walid ont fait au moins neuf morts et 122 blessés du côté des ex-rebelles, selon une source médicale qui a évoqué "des blessures causées par des armes légères, suggérant des combats rapprochés".

Durant la semaine, une quinzaine de personnes avaient déjà péri dans des bombardements des ex-rebelles sur Bani Walid.

Pour justifier l'opération militaire lancée contre la ville, M. Megaryef a indiqué que celle-ci était "devenu un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires".

"Ce n'est pas une guerre d'extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité", a-t-il dit.

"Les autorités ont donné le feu vert aux milices pour exterminer les gens dans la ville", a accusé Salem al-Ouaer, chef militaire du plus important groupe armé de Bani Walid, appelant l'ONU et l'Occident à protéger les civils, dénonçant une "situation humanitaire très mauvaise".

Le porte-parole du chef d'état-major Ali Chikhi a fait état d'une avancée de ses forces vers le centre de la ville.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid après la mort d'un ex-rebelle enlevé et torturé à Misrata, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit.

Par ailleurs, des hommes armés non identifiés ont attaqué une caserne dans la banlieue-ouest de Tripoli, selon l'armée et des témoins.

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