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19/10/2012 10:31 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Soudan : 900 000 personnes touchées par les conflits dans la région sud

Plus de 900 000 personnes ont été déplacées ou durement affectées par les combats dans deux régions frontalières soudanaises, le Kordofan-Sud et le Nil bleu, a annoncé l'Organisation des Nations unies (ONU) vendredi, augmentant fortement ses estimations précédentes.

Les Nations unies ont pressé le Soudan et les rebelles de laisser entrer l'aide humanitaire devenue grandement nécessaire dans ces régions.

Les combats entre l'armée soudanaise et les rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) ont éclaté dans l'État du Kordofan-Sud en juin 2011, peu avant que le Soudan du Sud n'accède à l'indépendance. En septembre 2011, les violences ont gagné l'État du Nil bleu, également frontalier du Soudan du Sud.

Au total, 908 000 personnes ont été déplacées ou sévèrement affectées dans ces deux États, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) qui a révisé à la hausse sa précédente estimation de 655 000 personnes déplacées ou fortement affectées.

Selon le rapport de l'ONU, environ 350 000 personnes ont été affectées dans les zones tenues par les rebelles dans l'État du Kordofan-Sud et 70 000 dans l'État du Nil bleu.

Des statistiques du gouvernement soudanais rapportées par l'OCHA indiquent qu'à la fin juin, 275 000 habitants du Kordofan-Sud et du Nil bleu étaient affectés par les affrontements.

Par ailleurs, 175 000 personnes ont quitté la région pour se réfugier au Soudan du Sud et 38 000 autres se sont rendues en Éthiopie, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.

« Dans les zones [contrôlées par] le SPLM-N, aucun personnel humanitaire n'a pu entrer à partir du Soudan et aucune aide alimentaire n'a été livrée en dépit d'intenses négociations qui ont lieu maintenant depuis plus de 16 mois », ont précisé les Nations unies.

En août, le Soudan a accepté de laisser passer l'aide humanitaire sur son territoire vers les zones tenues par les rebelles en vertu d'un accord négocié avec l'ONU, l'Union africaine (UA) et la Ligue arabe. Mais depuis, les Nations unies n'ont pu obtenir l'autorisation de Khartoum pour distribuer l'aide.

Un responsable du parti au pouvoir à Khartoum, Rabie Abdelatti Ebaid, a toutefois nié que son gouvernement retarde la distribution de l'aide.

« Notre gouvernement est prêt à distribuer l'aide », a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse, accusant les rebelles d'être responsables du retard, en citant notamment des tirs d'obus meurtriers sur la capitale du Kordofan-Sud, il y a quelques semaines.

Des conflits qui perdurent

Le Kordofan-Sud, ethniquement divisé, est l'unique État pétrolier du Soudan. Il est en proie depuis juin 2011 à des affrontements meurtriers entre les Forces armées soudanaises et les rebelles. Les affrontements ont débuté après l'élection contestée du gouverneur du Kordofan-Sud, dont le SPLM s'est retiré en accusant les autorités de fraude. Le pouvoir à Khartoum soutient faire face à une rébellion dans cette région.

Rappelons que le Soudan a perdu une bonne partie des réserves de pétrole brut à la suite de l'indépendance du Soudan du Sud, proclamée le 9 juillet 2011 (après des décennies de conflits entre les deux entités politiques). Le Soudan du Sud a en effet hérité des trois quarts des ressources.

Le Soudan et le Soudan du Sud sont parvenus à un accord fin septembre sur la sécurité à leur frontière commune, permettant une éventuelle reprise de l'acheminement du pétrole du Soudan du Sud vers le Soudan, qui détient les infrastructures pour l'exportation.

Les pays se sont entendus sur la création d'une zone tampon démilitarisée de 10 km le long de la frontière afin d'éviter toute reprise des affrontements.

Malgré cette entente, d'autres litiges demeurent, notamment sur le bornage de la frontière entre les deux pays, qui s'étend sur 1800 km. De plus, certaines zones riches en pétrole sont encore revendiquées par les deux parties, notamment la région d'Abyei.