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19/10/2012 03:46 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Koweït: l'émir ordonne d'amender la loi électorale, l'opposition dénonce

L'émir du Koweït a ordonné vendredi au gouvernement d'amender la loi électorale, une décision dénoncée au sein de l'opposition comme une "déclaration de guerre", aggravant encore plus la crise politique dans ce pays pétrolier du Golfe.

"J'ai ordonné au gouvernement d'introduire un amendement partiel au système de vote" dans la loi électorale, a déclaré l'émir dans une allocution télévisée.

Il a affirmé avoir pris cette décision pour "protéger l'unité nationale", la loi électorale contribuant à diviser le Koweït suivant des lignes confessionnelles et tribales.

Cette annonce a immédiatement déclenché de vives réactions au sein de l'opposition, menée par les islamistes et les nationalistes, et d'anciens membres du Parlement, qui ont confirmé leur boycott des prochaines législatives, encourageant la population à faire de même.

"C'est une déclaration de guerre du régime contre la majorité du peuple koweïtien", a dénoncé l'ancien député islamiste Walid al-Tabtabaï sur son compte Twitter.

L'opposition, qui accuse le gouvernement de vouloir fausser les résultats du scrutin, a décidé d'organiser samedi une marche pour protester contre le projet d'ammendement de la loi électorale.

La loi électorale, adoptée en 2006 après des manifestations organisées par l'opposition, divise le pays en cinq circonscriptions, chacune devant élire 10 députés.

Selon cette loi, chaque électeur peut voter pour un maximum de 4 candidats.

L'amendement proposé par le gouvernement veut réduire à un ou à deux le nombre de candidats que peut choisir un électeur.

Les prochaines élections législatives, les deuxièmes cette année et les cinquièmes depuis 2006, doivent se tenir avant le 7 décembre.

Aucune date n'a été pour l'instant fixée pour ce scrutin, convoqué après la dissolution le 7 octobre du Parlement par l'émir.

Plus tôt vendredi, le parquet a ordonné la mise en détention de trois ex-députés de l'opposition pour trois jours et pourrait annoncer de nouvelles arrestations.

En signe de solidarité, des centaines de partisans de l'opposition, se sont rassemblés devant le Palais de justice de Koweït.

Le procureur général a en outre prolongé de 72 heures la détention de quatre militants de l'opposition arrêtés après des heurts le 10 octobre entre la police anti-émeutes et des manifestants dénonçant les tentatives du gouvernement d'amender la loi électorale.

Les trois anciens députés et d'autres intervenants s'étaient alors directement adressés à l'émir, le mettant en garde contre les conséquences négatives d'un tel amendement qui pourrait plonger le pays dans le chaos.

En vertu de la Constitution, il est interdit de critiquer l'émir.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006, attribuées aux luttes de pouvoir au sein de la dynastie Al-Sabah qui règne depuis plus de 250 ans.

oh/tg/feb