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18/10/2012 09:56 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

Morsi rassure l'armée après un article sur les ex-dirigeants militaires

Le président égyptien, l'islamiste Mohamed Morsi, a cherché jeudi à rassurer les forces armées après la publication d'un article évoquant des accusations de corruption contre les deux principaux ex-dirigeants militaires du pays, qu'il a mis à la retraite en août.

Mercredi, le quotidien gouvernemental Al-Gomhouriya a affirmé que le maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de facto de l'Egypte pendant la période de transition, et son second, le général Sami Anan, avaient été interdits de quitter le territoire égyptien en raison d'accusations de corruption.

L'information a été démentie par des sources judiciaires et le rédacteur en chef du journal suspendu.

"Je refuse totalement ce qui a été publié sur eux", a dit M. Morsi, qui s'exprimait lors de manoeuvres militaires, en affirmant que ces informations étaient "sans fondement".

"En tant que président de la République et commandant suprême des forces armées, j'insiste sur le respect total envers les dirigeants actuels et anciens des forces armées", a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle Mena.

"Ce n'est pas un secret, je suis en contact permanent avec le maréchal Hussein Tantaoui et le général Sami Anan, et le dernier de ces contacts a eu lieu hier mercredi", a-t-il poursuivi, en ajoutant leur demander conseil sur certaines questions.

"Il faut que les enfants des forces armées soient conscients que toutes les choses dénuées de fondement publiées sur eux ne sont que des tentatives de semer la discorde, mais cela n'arrivera pas", a-t-il assuré.

"N'en soyez pas affectés car vos droits, votre argent et vos biens sont préservés", a-t-il poursuivi, s'adressant aux militaires.

Mercredi, un responsable militaire cité par la Mena avait fait part de la "profonde indignation" des forces armées après la publication de l'article d'Al-Gomhouriya.

La justice civile a décidé, en revanche, d'ouvrir une enquête sur des accusations visant MM. Anan et Tantaoui, pour la mort de manifestants dans la période de transition qui a suivi la chute de Hosni Moubarak en 2011.

M. Morsi avait créé la surprise en août en écartant le maréchal Tantaoui et le général Anan, mettant ainsi fin à la tutelle imposée par les militaires qui s'étaient octroyés le pouvoir législatif en juin, limitant considérablement la marge de manoeuvre du président.

La décision de M. Morsi, premier chef d'Etat égyptien islamiste et civil, avait provoqué l'effervescence dans les milieux politiques et dans l'opinion. Beaucoup se sont demandés si ce coup de théâtre était le résultat d'une épreuve de force ou le fruit d'un arrangement avec les militaires, leur accordant une impunité judiciaire et le maintien de leurs vastes intérêts économiques en échange d'un retrait de la vie politique.

MM. Tantaoui et Anan avaient ensuite été nommés conseillers auprès du président, un titre considéré comme largement honorifique.

Ministre de la Défense de Hosni Moubarak pendant vingt ans, le maréchal Tantaoui avait, en tant que chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé le pays pendant près de 18 mois.

iba/cr/cco