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18/10/2012 02:06 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Industrie de l'uranium : Québec entend demander au BAPE d'intervenir

Le ministre de l'Environnement du Québec, Daniel Breton, entend demander au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) d'évaluer les impacts liés à l'exploration et l'exploitation des gisements d'uranium dans la province.

Cette annonce freine les ardeurs de la minière Strateco qui a obtenu mercredi le feu vert de la Commission canadienne de sûreté nucléaire pour explorer les réserves d'uranium des monts Otish, dans le Nord-du-Québec.

Les Cris s'opposent au projet en raison des dangers de contamination de l'environnement et des risques que représente cette industrie pour la santé des habitants de la région.

Strateco devra attendre

Jeudi, le ministre Breton leur a en partie donné raison en déclarant que Ressources Strateco devra attendre les conclusions du BAPE avant de concrétiser ses projets d'exploration dans les monts Otish, au nord de Chibougamau.

Le ministère de l'Environnement du Québec n'a cependant pas confirmé si un moratoire sur l'exploration des gisements d'uranium serait décrété en attendant que le BAPE se prononce sur les risques environnementaux que représente cette industrie.

Questionné jeudi sur l'autorisation qu'a obtenue Strateco de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, le ministre Breton a précisé que cette autorisation ne lie aucunement son gouvernement.

« Nous, ce qu'on a dit, c'est qu'avant de se lancer dans l'exploration d'uranium, il va falloir que ça passe par un processus d'évaluation environnementale », a déclaré Daniel Breton.

« Ce n'est pas parce que la CCSN a donné son accord, puisqu'elle donne toujours son accord à tous les projets liés au nucléaire et à l'uranium, que nous autres, on va dire oui », a ajouté le ministre québécois de l'Environnement.

Flou juridique

La réaction du ministre de l'Environnement surprend Strateco, qui mentionne que le BAPE n'a pas juridiction à la Baie-James.

Au nord du 49e parallèle, le BAPE confirme que ce sont plutôt les comités d'examen des gouvernements fédéral et québécois qui sont responsables.

Or, comme le ministre a laissé entendre qu'il souhaite demander au BAPE de tenir des audiences sur l'ensemble de la filière de l'uranium au Québec - plutôt que sur un projet particulier - le doute plane sur les effets de sa déclaration.

En fin de journée, l'attachée de presse du ministre Breton, Danielle Rioux, a indiqué que les fonctionnaires du ministère sont à étudier les possibilités d'intervention dans ce dossier.