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18/10/2012 05:59 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

Canada: la fusion entre Bell et Astral refusée par l'agence de l'audiovisuel

L'autorité canadienne de l'audiovisuel (CRTC) a annoncé jeudi qu'elle s'opposait à la fusion entre Astral Media et le géant des télécommunications BCE, maison mère de Bell Canada, craignant que cette transaction de 3,4 milliards de dollars ne nuise à la concurrence.

"La transaction proposée soulevait des préoccupations sérieuses à l'égard de la saine concurrence, de la concentration de la propriété dans les marchés de la radio et de la télévision, de l'intégration verticale ainsi que de l'exercice anticoncurrentiel du pouvoir dans le marché", a expliqué le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes dans un communiqué.

Cette fusion amicale, annoncée en mars dernier, devait permettre à BCE de se positionner en force au Québec, grâce aux 22 chaînes de télévision, aux 84 stations de radio et aux nombreux sites internet et plateformes publicitaires que détient Astral dans la province francophone.

De fait, Bell aurait ainsi contrôlé 43% du marché anglophone de la télévision canadienne, et 33% du marché francophone (contre 31% à Quebecor).

BCE avait déjà racheté l'an dernier la première chaîne de télévision privée du Canada, l'anglophone CTV, qui possède un réseau de 27 stations de télévision dans tout le pays, 30 canaux spécialisés et des sites d'information internet.

L'acquisition d'Astral aurait donc permis à BCE de talonner Quebecor. Ce dernier groupe, numéro un des médias au Québec, s'était fortement opposé à la fusion.

"Le CRTC n'est pas convaincu que cette transaction aurait procuré aux Canadiens et au système canadien de radiodiffusion suffisamment d'avantages à la fois importants et sans équivoque", souligne le communiqué.

"Cette transaction aurait donné un immense pouvoir commercial à l'une des plus grandes entreprises canadiennes de médias", a ajouté le président du CRTC, Jean-Pierre Blais.

Les termes de l'accord passé en mars prévoyaient que si les autorités réglementaires devaient empêcher ce mariage, Astral acquitterait une indemnité de rupture pouvant aller jusqu'à 150 millions de dollars.

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