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18/10/2012 01:36 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

À Bruxelles, les dirigeants européens cherchent un accord sur l'union bancaire

BRUXELLES - Le Conseil européen qui débutait jeudi à Bruxelles sur le thème du renforcement de l'union bancaire et monétaire met en exergue les divergences entre la France et l'Allemagne. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union Européenne (UE) doivent tenter de trouver un consensus pour aboutir à une décision d'ici la fin de l'année.

Mercredi, le président français François Hollande s'est montré optimiste en estimant que les pays de l'Union européenne étaient «tout près» de la sortie de crise.

Le Conseil européen, qui se poursuit jusqu'à vendredi midi, ne devrait pas aboutir à des décisions fermes sur l'union bancaire mais permettre de faire avancer les négociations, selon des sources gouvernementales française et allemande.

Au coeur du projet, l'idée d'un système de supervision bancaire unique pour les 17 pays de la zone euro, dans lequel la Banque centrale européenne (BCE) jouerait un rôle déterminant. En approfondissant leurs liens financiers, les dirigeants de la zone euro espèrent renforcer la devise européenne et améliorer la confiance des marchés, après plus de deux années de crise.

La commission européenne, la BCE, ainsi que plusieurs pays dont l'Espagne et la France, souhaitent que le nouveau système bancaire soit mis en place dès le début de l'année 2013, mais l'Allemagne a exprimé de nombreuses réticences. La chancelière Angela Merkel l'a répété à plusieurs reprises: «La qualité doit primer sur la vitesse.»

De nombreux aspects techniques, juridiques et politiques du projet restent sujets à controverse, comme par exemple l'idée de créer un fonds mutualisé de sauvetage des banques. Certains pays, comme l'Allemagne, redoutent de devoir payer pour renflouer les établissements financiers d'autres États.

Autre problème épineux: savoir si le Mécanisme européen de stabilité (MES) sera habilité à recapitaliser directement les banques, une fois la supervision bancaire en place.

L'Espagne pousse dans ce sens car elle souhaite bénéficier du dispositif — qui lui permettrait d'éviter de creuser davantage son déficit public.

Mais l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande plaident pour que les recapitalisations directes de banques ne s'appliquent qu'aux difficultés actuelles et futures, et non à des pays comme la Grèce et l'Irlande qui ont déjà fait l'objet de plans de sauvetages par le passé.

Jeudi, à quelques heures du début du sommet, Angela Merkel a soutenu la nomination d'un commissaire européen qui disposerait d'un droit de véto sur les budgets adoptés par les pays de la zone euro, alors même que plusieurs pays de la zone euro — dont la France — s'opposent à cette mesure considérée comme un transfert de souveraineté.

De son côté, François Hollande a réaffirmé mercredi son souhait d'appliquer «rapidement» les décisions du Conseil européen des 28 et 29 juin dernier, dans un entretien à six journaux européens, dont Le Monde.

«Le pire, c'est-à-dire la crainte d'un éclatement de la zone euro, oui, est passé. Mais le meilleur n'est pas encore là. À nous de le construire», a estimé le président français.