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03/10/2012 11:16 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Van Gogh, rêves de Japon: la fascination du peintre pour l'art nippon

PARIS - Des paysages, des scènes de la vie rurale, des couleurs vives: la lumière et la campagne du pays d'Arles n'ont pas été l'unique source d'inspiration de Vincent van Gogh, qui entretenait une passion méconnue pour le Japon et les estampes nippones.

Depuis sa Hollande natale, en passant par Paris, le peintre néerlandais n'a jamais cessé de regarder du côté de l'Empire du Soleil levant, en particulier de l'artiste Hiroshige.

Depuis ce mercredi, la Pinacothèque de Paris propose une lecture de l'oeuvre de Vincent van Gogh à travers les classiques de la peinture japonaise dans «Van Gogh, rêves de Japon» et organise en parallèle la première rétrospective consacrée au maître de l'estampe japonaise, Utagawa Hiroshige, qui a vécu de 1797 à 1858.

Déroulant ce fil rouge tout au long de ses salles, la Pinacothèque analyse une quarantaine de toiles de Van Gogh en miroir de l'oeuvre d'Hiroshige, à l'image des tableaux choisies pour illustrer les deux expositions, «Oliveraie» (Van Gogh) et «Plage des danseuses» (Hiroshige).

«Les rapprochements iconographiques entre les deux oeuvres sont d'une évidence criante, parfois tellement troublante que l'on en reste incroyablement surpris», souligne le directeur de la Pinacothèque de Paris, Marc Restellini.

Les tableaux de Van Gogh, dont des toiles célèbres comme «Oliveraie», «Le Semeur» ou «Route de campagne en Provence la nuit», prêtés par le musée Kröller-Müller d'Otterlo, aux Pays-Bas, sont présentées aux côtés de rouleaux reproduisant les détails des toiles du peintre néerlandais comparés à ceux d'estampes de grands maîtres nippons, une analyse qui peut paraître excessive aux puristes, mais qui s'avère très parlante pour le visiteur.

Cette comparaison constante s'appuie sur de nombreuses lettres de Van Gogh destinées notamment à son frère Theo, qui attestent de sa fascination pour le Japon.

«On aime la peinture japonaise, on en a subi l'influence, tous les impressionnistes ont ça en commun», lui écrit-il, allant jusqu'à comparer le Midi de la France à l'archipel nippon. Mais un Japon fantasmé, rêvé pour un artiste qui souffre de troubles psychologiques.

Lors de son séjour à Paris, Vincent van Gogh commence d'ailleurs une collection, qui comprend plus de 500 estampes et albums japonais acquis auprès du marchand d'art Siegfried Bing, et dont certaines pièces sont présentées à la Pinacothèque.

Pour autant, comme tout grand artiste, Van Gogh réinterprète les codes de l'estampe japonaise, avec des oeuvres qui contrastent avec la quiétude du travail de Hiroshige. Les plus curieux iront voir l'exposition Hiroshige pour mieux comprendre l'influence du maître d'Edo, ou simplement se laisser porter par cet art peu connu en Occident d'une grande beauté, qui permet de découvrir le Japon du XIXe siècle.