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03/10/2012 01:10 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Un premier débat présidentiel qui se révèle crucial pour Romney

WASHINGTON - Mitt Romney doit relancer sa campagne électorale et convaincre tant les électeurs indécis que les républicains qui doutent de lui lors du premier débat présidentiel qui pourrait être suivi par 50 millions de téléspectateurs mercredi. Quant au sortant Barack Obama, il doit défendre son bilan pour conserver sa légère avance dans les sondages pour le scrutin du 6 novembre.

Ce premier débat de 90 minutes organisé à l'Université de Denver, au Colorado, à partir de 21h, pourrait d'ores et déjà peser dans l'élection, un nombre croissant d'États proposant le vote anticipé, parmi lesquels sept des neuf États considérés comme déterminants pour la présidentielle. L'Ohio, le plus important de ces «swing-states», a ainsi commencé à voter mardi.

Mercredi soir, alors que la moitié du temps de débat sera consacrée à l'économie, Romney devrait notamment attaquer Obama sur le taux de chômage record, toujours supérieur à 8 pour cent après avoir dépassé le seuil des 10 pour cent, et la faiblesse de la croissance. Mitt Romney martèle un seul et même message: le pays ne peut pas se permettre quatre années de plus d'administration Obama.

Barack Obama, lui, rappelle qu'il a hérité de son prédécesseur républicain George W. Bush un pays plongé dans une profonde crise, en récession officiellement de décembre 2007 à juin 2009, et demande quatre ans supplémentaires pour achever son projet.

M. Romney répète que l'économie américaine est accablée par les dépenses, les règlements et la réforme du système de santé. Le candidat républicain, qui promet une réduction de 20 pour cent des taux d'imposition sur le revenu, critique le projet de hausse d'impôts de Barack Obama en déclarant que même si cette augmentation vise les ménages les plus riches, elle affectera les petites entreprises et constituera un nouvel obstacle à la croissance économique.

De son côté, Barack Obama devra se montrer sûr de ses décisions tout en évitant le piège de l'autosatisfaction. Sa position sera avant tout défensive mais ponctuée de contre-attaques précises. Le président sortant devrait remettre en cause les chiffres du projet de fiscalité de Romney et rappeler la gaffe de ce dernier concernant les 47 pour cent d'Américains qualifiés de «victimes» comptant sur les subsides de l'Etat.

M. Obama devrait également rappeler que M. Romney, multi-millionnaire, a cofondé le fonds d'investissement Bain Capital et investi personnellement dans des paradis fiscaux.

Si le dossier économique est périlleux pour Obama, le locataire de la Maison Blanche devrait se prévaloir d'une amélioration de l'économie sous sa présidence, validée par certains indicateurs économiques. «Le défi du président sera de fournir du contexte pour l'économie, explique Ted Devine, acteur de plusieurs campagnes démocrates. Il devra expliquer pourquoi ce qu'il a fait a été positif pour la nation.»

MM. Obama et Romney se sont longuement préparés pour leur rencontre télévisée par modérateur interposé. Deux autres débats suivront, le 16 octobre à Hempstead, dans l'État de New York, et le 22 octobre à Boca Raton, en Floride.