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03/10/2012 08:23 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Série d'attentats à Alep, au moins 48 morts en majorité des militaires (ONG)

Au moins 48 personnes, en majorité des militaires, ont été tuées et près de 100 autres blessées dans une série d'attentats à la voiture piégée qui ont secoué mercredi le centre d'Alep, deuxième ville de Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

"La plupart des morts et des blessés sont des membres des forces gouvernementales. Les explosions ont visé le club des officiers et des barrages de l'armée régulière", a indiqué l'OSDH, citant des sources médicales.

Un responsable local a fait état de son côté d'un bilan provisoire de "37 morts et de dizaines de blessés", dont beaucoup sont dans un état grave.

Deux voitures piégées ont d'abord explosé à une minute d'intervalle, dans deux rues proches du club des officiers donnant sur la célèbre place Saadallah al-Jabiri, au coeur d'Alep (nord), a affirmé une source militaire à l'AFP.

Une troisième voiture piégée a explosé à 150 mètres de la place, dans le quartier de Bab Jnein, à l'entrée de la vieille ville.

Sur la place Saadallah al-Jabiri, le correspondant de l'AFP a vu, près du club des officiers, une partie de la façade d'un hôtel détruite et les deux étages d'un café effondrés. Un blessé avait le visage couvert de sang.

"On a entendu deux explosions énormes, c'est comme si les portes de l'enfer s'ouvraient", a raconté à l'AFP Hassan, un employé d'hôtel de 30 ans.

"Je suis sorti, j'ai vu une fumée épaisse puis je suis venu en aide à une femme, grièvement blessée aux bras et aux jambes", a-t-il ajouté.

"J'ai sorti des décombres un enfant de moins de dix ans qui a perdu une jambe", a indiqué de son côté un commerçant dont l'échoppe est située à une rue du club des officiers.

Les nombreux bâtiments gouvernementaux situés dans le secteur ont été fermés, et tous les accès à la place ont été coupés.

La chaîne al-Ikhbariya a montré au moins deux immeubles totalement détruits sur la place et des corps ensanglantés recouverts de débris et de poussière évacués. "Il y a encore des gens vivants sous les décombres", hurlent des hommes sur les images diffusées par la télévision.

La série d'attentats n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Par ailleurs, les rebelles ont attaqué au mortier les installations de la sécurité politique dans la ville ainsi qu'un ancien marché aux légumes où sont positionnés de nombreux soldats, rapporte l'OSDH, sans faire état de bilan. Dans la nuit, les rebelles ont également détruit deux chars.

De violents combats ont en outre éclaté dans plusieurs secteurs de la métropole.

La série d'attentats intervient moins d'une semaine après l'annonce par les insurgés du lancement d'une attaque "décisive" pour prendre le contrôle de la grande ville du nord, théâtre d'une bataille acharnée depuis plus de deux mois.

Le week-end dernier, de violents combats ont éclaté aux abords des souks d'Alep, joyau historique au centre-ville.

Les rebelles "attaquent désormais les troupes du régime au coeur d'Alep", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH. "Avant, le centre était épargné, aujourd'hui, on peut dire qu'à part quelques rares quartiers, Alep n'est plus une ville sûre".

Il a signalé qu'"il y a un an, un million de personnes manifestaient en faveur du régime sur cette même place Saadallah al-Jabiri".

"Ca fait partie de la bataille décisive et le régime ne peut pas dire qu'il contrôle la ville", précise M. Abdel Rahmane.

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