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03/10/2012 01:57 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Prêt-à-porter parisien: jeux de dames chez Vuitton, rigueur chez Talbot Runhof

PARIS - PARIS (Sipa) — Le monde en bichromie de l'artiste Daniel Buren chez Louis Vuitton et la jeune garde de l'élégance allemande se sont invités mercredi sur les podiums parisiens à l'occasion de la dernière journée des présentations du prêt-à-porter pour le printemps/été prochain.

Inspirée des fameuses colonnes noires et blanches qu'a érigées le plasticien dans les années 80 au pied dans la cour du Palais-Royal, la collection créée par marc Jacobs pour Louis Vuitton joue à fond la carte de la dualité est met au centre du débat une réinterprétation du célèbre monogramme maison, célèbre dans le monde entier.

Deux par deux les modèles descendent d'immenses escalators dont l'artiste plasticien a repeint les marches de verticales craie et jaune acide, deux teintes que l'on retrouve sur plusieurs modèles, déclinées en damiers hypnotiques.

Marc Jacobs se livre ensuite à d'autres jeux de dames et fait défiler les carreaux blancs, qu'il oppose à d'autres carreaux, noirs, sable, blanc, grège ou chocolat.

Seule rupture avec ces constructions au graphisme envoûtant, d'immenses orchidées s'étalent en découpes sur d'autres silhouettes de fin taffetas ou de mousseline imprimée, là encore proposées en deux teintes franches qui s'affrontent, mais dans l'harmonie.

L'on retiendra de cette collection l'efficacité de la coupe due à sa simplicité. Jacobs mise sur l'épure à travers seulement trois niveaux de longueurs et des proportions géométriques. Si ce n'est l'épaule adoucie en virgule et qui laisse voir la haute précision du montage des manches en atelier.

Pour le soir, Jacobs revient au noir intense avec une trouvaille technique : les micro-paillettes qui captent comme aucunes autres la lumière et dont il a intégralement brodés une combinaison pantalon, un tailleur jupe ou une robe noire aussi sobre que peut l'être un rectangle. Encore peu connue du grand public en France, malgré une présence régulière depuis 2006 au sein du calendrier parisien, la marque allemande Talbot Runhof a prouvé mercredi qu'on savait aussi faire créer des vêtements outre-Rhin.

A la tête de la création, le duo américano-allemand Johnny Talbot et Adrian Runhof, 48 et 49 ans, a appliqué à la lettre son credo qui consiste "à savoir s'arrêter ". Car à leurs yeux point trop n'en faut : une silhouette en sablier et floue dans les longueurs pour le soir, et à une rigueur architecturale dans les coupes des robes de jour construites tout en obliques et en intersections.

La technique, spécialité de Talbot qui fut à ses débuts professionnels ingénieur électricien au Pentagone, n'est pas en reste. D'élégants motifs cachemire en découpes d'organza sont ainsi appliqués depuis l'encolure et courent sur toute la longueur d'une robe en crêpe de soie rose poudré. Plus loin, une jupe sirène en lurex et lamé argent évoque une vis sans fin chatoyante par le jeu d'incrustation de paillettes.

Ailleurs, ce sont des lianes de lierre lilas qui s'invitent en grappes et s'entortillent autour d'une robe noire en mousseline et jersey. Pour les grands soirs, les duettistes osent les effets bouillonnants d'organdi noir en corolle sur un fourreau mauve entravé, fin prêt pour les tapis rouges.

xrao/mw