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03/10/2012 04:51 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

PLQ: Couillard annonce mercredi qu'il prendra part à la course au leadership

MONTRÉAL - À moins d'une surprise, les pièces maîtresse de la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) sont désormais toutes en place avec la confirmation, mercredi, de la candidature de Philippe Couillard.

M.Couillard, un neurochirurgien qui a été ministre de la Santé et des Services sociaux au sein du gouvernement libéral de 2003 à 2008, sera ainsi l'adversaire des anciens ministres Raymond Bachand et Pierre Moreau en vue de succéder à Jean Charest.

Bien que certains sondages le donnaient déjà meneur, M. Couillard a été le seul candidat à devoir défendre son intégrité en annonçant sa candidature, lui qui avait négocié ses conditions d'embauche dans un fonds d'investissement privé en santé alors qu'il était encore ministre de la Santé.

«Jamais je ne me présenterais devant les militants de notre parti et devant les Québécois si je n'avais la totale conviction que mon intégrité est intacte et que jamais je n'ai été placé dans une situation de conflit. Pourquoi? Parce que ce fonds d'investissement — Persistence Capital Partners — n'a jamais eu et n'a toujours aujourd'hui aucune relation d'affaires avec le gouvernement du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux et son réseau.»

M. Couillard a cependant reconnu qu'avec le recul, il aurait probablement procédé autrement.

«S'il y a une chose que j'aurais faite différemment, c'aurait été de donner des explications au moment de mon départ», a-t-il ajouté.

En annonçant sa candidature, M. Couillard a longuement insisté sur l'identité québécoise et la place du Québec au sein de l'ensemble canadien, ainsi que sur le caractère inclusif de cette identité.

«C'est une conversation qui doit se poursuivre mais elle doit se poursuivre au Québec par les Québécois de toutes les origines et non pas se limiter à la conversation d'un seul groupe majoritaire au Québec. Je veux entendre ce que les anglophones, ce que les gens des communautés ethniques ont à dire sur la fierté d'être Québécois.»

Il a dénoncé au passage le projet du Parti québécois d'instaurer une citoyenneté québécoise, l'estimant exclusif.

«Ce que je n'accepte pas dans le discours actuel, c'est la catégorisation des niveaux de citoyenneté selon qu'on est un francophone de souche, selon qu'on est une personne venue d'ailleurs qui parle français au travail ou à la maison ou qu'on est une personne qui est arrivée et qui ne parle pas encore tout à fait le français. Je n'accepte pas qu'on catégorise les Québécois en bons Québécois et en moins bons Québécois sur ce genre de questions-là. Sur le plan humain, c'est quelque chose qui m'est profondément étranger», a-t-il affirmé.

M. Couillard a cependant reconnu le bien-fondé de la Loi 101 et s'est montré ouvert à ce que son application soit étendue aux PME après discussion mais il a catégoriquement rejeté l'imposition des mêmes restrictions d'accès au cégep qu'au primaire et au secondaire.

«Pourquoi voulons-nous bloquer les horizons de nos jeunes? Pourquoi voulons-nous les empêcher de devenir bilingues? C'est de ne pas vouloir les aider que de (ne pas) leur permettre s'ils le désirent de passer une partie de leurs études post-secondaires, alors qu'ils sont majeurs et peuvent le décider, dans une langue autre que le français.»

Par ailleurs, il a aussi cherché à placer sa candidature sous le signe de l'économie, de l'innovation et de la justice sociale, se disant être le candidat capable d'unir d'abord les libéraux et ensuite tous les Québécois.

Plusieurs députés et ex-ministres étaient venus appuyer sa candidature, notamment Sam Hamad et Kathleen Weil, qui coprésideront sa campagne, ainsi que Yves Bolduc, Michel Audet, Benoît Pelletier et Yvon Marcoux.

M. Couillard, qui est âgé de 55 ans, a tour à tour été député de Mont-Royal, à Montréal, et de Jean-Talon, à Québec. Depuis son retrait de la politique, il y a quatre ans, il a oeuvré dans le secteur privé, notamment à titre de membre de conseils d'administration. Il a aussi été à l'emploi de l'Université McGill.