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03/10/2012 10:10 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

France/Soupçons de match truqué: l'avenir des handballeurs mis en examen en suspens

Les cinq joueurs de Montpellier mis en examen mardi dans une affaire de soupçons de match truqué sont au chômage technique en attendant d'éventuelles sanctions de la Ligue nationale française de handball et de leur club, qui pourraient survenir avant la fin de la procédure judiciaire.

Les cinq joueurs, Nikola Karabatic, Luka Karabatic, Primoz Prost, Dragan Gajic et Issam Tej, ainsi que huit autres personnes, dont les compagnes des frères Karabatic, ont été mis en examen pour "escroquerie par manoeuvre frauduleuse" aux dépens de la Française des Jeux, "en l'espèce en étant en possession d'information selon laquelle des joueurs de l'équipe de handball de Montpellier s'étaient entendus préalablement pour modifier ou altérer le déroulement normal de la rencontre entre Cesson et Montpellier" du 12 mai.

. La procédure judiciaire

Les juges d'instruction vont conduire leur enquête en confrontant notamment les déclarations des mis en examen aux écoutes téléphoniques et aux divers éléments de preuves recueillis lors des investigations. L'instruction peut durer plusieurs mois, même si l'enquête ne pose a priori pas de problèmes techniques particuliers.

A son issue, les juges peuvent prononcer des non-lieux ou décider de renvoyer les personnes mises en examen devant un tribunal correctionnel. Le délit d'escroquerie est puni de cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

. Cinq joueurs au chômage technique

Les cinq joueurs de Montpellier mis en examen ont vu leur remise en liberté assortie d'un contrôle judiciaire prévoyant une caution et une interdiction de rencontrer l'encadrement du club et les autres protagonistes du dossier, à l'exception de leurs compagnes pour les frères Karabatic.

Ils ne peuvent donc pas jouer dans l'immédiat. Un avocat des frères Karabatic, Me Dupont-Moretti, a annoncé son intention de faire appel des conditions du contrôle judiciaire, afin de leur permettre de rejouer au plus vite.

Trois autres joueurs de Montpellier, Mickaël Robin, Wissem Hmam et Vid Kavticnik, remis en liberté lundi, sont en revanche à la disposition du club, qui a d'ailleurs décidé d'aligner les deux premiers mercredi soir à Toulouse en Championnat de France après qu'ils eurent juré qu'ils n'avaient pas parié. Kavticnik, lui, est convalescent.

Les deux anciens joueurs de Montpellier qui portent aujourd'hui les couleurs du PSG, Samuel Honrubia et Mladen Bojinovic, peuvent eux aussi continuer à jouer malgré leur mise en examen. Ils sont aussi soumis à un contrôle judiciaire, qui les empêche de rentrer en contact avec les autres personnes mises en cause, mais ne leur interdit pas de se voir tous les deux.

. D'éventuelles sanctions sportives sans attendre la fin de la procédure judiciaire

La Ligue nationale de handball (LNH), la Fédération française de handball (FFHB) et le club de Montpellier se sont constitués partie civile pour avoir accès au dossier et pouvoir ainsi étudier les poursuites disciplinaires à engager contre les joueurs qui auraient enfreint le règlement.

En cas de paris avérés, la LNH sanctionne d'un à six matches les auteurs d'une telle faute, qui peuvent être radiés en cas de récidive, et de 225 euros d'amende par date de suspension.

Aucune rétroactivité n'est appliquée. Les matches manqués dès à présent par les joueurs ne seront donc pas pris en compte.

Si la Ligue veut se donner le temps, son directeur général Etienne Capon a cependant précisé qu'elle n'allait pas "non plus attendre l'arrêt de la Cour de Cassation" avant de prendre des mesures.

Le président Rémy Lévy avait employé la même expression vendredi quand il avait déclaré que s'il était avéré que les joueurs avaient parié, cela constituerait une "violation du contrat de travail" et que les sanctions pourraient aller jusqu'au licenciement.

Reste à voir comment il gérera le cas de sa star Nikola Karabatic, qui a assuré mardi soir ne pas avoir parié, alors que son avocat, Me Dupont-Moretti avait dit le contraire la veille, tout en assurant qu'il n'avait pas triché.

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