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02/10/2012 05:47 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Un ex-chef de groupe armé de Jénine libéré par l'Autorité palestinienne

Un ancien chef de groupe armé palestinien de Jénine, en Cisjordanie, Zakaria Zoubeïdi, a été libéré sous caution par la justice palestinienne, de même que cinq autres personnes, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Zakaria Zoubeïdi, libéré lundi soir sous caution avant sa comparution le 7 octobre, reste poursuivi pour détention d'armes, dont une de celles utilisées dans la fusillade en mai sur la façade de la maison du gouverneur de Jénine, Qaddoura Moussa, qui avait ensuite succombé à une crise cardiaque, ont souligné l'intéressé et des sources de sécurité palestiniennes.

"Les charges retenues contre moi étaient la détention d'armes et les tirs contre la maison du gouverneur de Jénine, malgré l'arrestation de deux hommes qui ont ouvert le feu sur la maison", a déclaré à l'AFP Zakaria Zoubeïdi.

Ancien chef local des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah, mouvement du président Mahmoud Abbas, Zoubeïdi avait déposé les armes en 2007.

"L'un de ces hommes, officier de l'Autorité palestinienne, m'a demandé de garder son arme", a-t-il indiqué, assurant ignorer à ce moment que l'arme avait été utilisée dans l'attaque contre la maison de Qaddoura Moussa.

Un député de Jénine, Chami al-Chami, a précisé à l'AFP que "les personnes libérées n'avaient rien à voir avec l'affaire des tirs contre l'ancien gouverneur de Jénine ou de meurtres dans la province".

Elles sont désormais "uniquement poursuivies pour détention d'armes" illégale, a-t-il ajouté.

Zakaria Zoubeïdi a été arrêté en mai parmi plusieurs dizaines de personnes, à la suite du décès du gouverneur. Il a observé une grève de la faim pendant une partie de sa détention, en a dénoncé les conditions.

"J'ai été soumis aux méthodes inhumaines utilisées dans l'enquête, telles que la torture, les insultes, et les attaques contre ma réputation", a-t-il accusé.

La tension règne dans la ville depuis l'attaque contre la maison du gouverneur, imputée à une famille ulcérée par le refus des autorités d'ouvrir une enquête sur la mort d'un des siens lors d'une arrestation.

En septembre, le commandant adjoint du Service de la sécurité préventive palestinienne à Jénine, Hicham al-Roukh, cadre du Fatah, avait été abattu par des inconnus alors qu'il rentrait en voiture à son domicile.

En juillet, le député Chami al-Chami, également membre du Fatah, avait été blessé par balles par des inconnus.

La situation a commencé à se dégrader à Jénine, vitrine du retour à l'ordre et à la stabilité en Cisjordanie à partir de 2007, sous la supervision du général américain Keith Dayton, à la suite de l'assassinat en avril 2011 du directeur israélo-palestinien du théâtre du camp de réfugiés de la ville, Juliano Mer-Khamis.

Cet assassinat n'a toujours pas été élucidé malgré les nombreuses interpellations effectuées par la sécurité palestinienne et l'armée israélienne.

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