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02/10/2012 12:36 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Un bouton de panique pour les agents correctionnels

Le gouvernement fédéral jongle avec l'idée de fournir des boutons de panique géolocalisés aux 1000 agents des Services correctionnels communautaires.

Le ministère des Travaux publics a publié une lettre d'intérêt à des fournisseurs potentiels, lundi, leur demandant des conseils sur la manière d'établir un système pancanadien de sécurité pour ses agents de probation et leurs collègues qui doivent travailler dans la communauté auprès de délinquants.

Service correctionnel Canada (SCC) dit souhaiter un appareil de sécurité personnel qui pourrait être manipulé d'une seule main, n'importe où au Canada et à n'importe quelle heure de la journée.

Le ministère demande en outre l'opinion des fournisseurs intéressés sur la faisabilité du projet dans le cas où ces derniers seraient d'avis que le SCC devrait plutôt réorienter ses attentes en fonction des capacités, de l'expérience et des conseils de l'industrie. Il n'était pas clair lundi pourquoi le gouvernement explorait cette avenue à ce moment précis.

La dernière fois qu'un agent de probation est mort en fonction remonte au mois d'octobre 2004. Le meurtre de Louise Pargeter, à Yellowknife, avait alors poussé les services correctionnels à envisager « l'utilisation d'une technologie de sécurité personnelle comme des alarmes de détresse ».

Jointe par courrier électronique, la porte-parole du Service correctionnel, Christa McGregor, a confirmé lundi que l'agence travaille sur des mesures sécurité depuis la mort tragique de Mme Pargeter.

« L'objectif est de dresser le portrait de ce qu'il est possible de faire et de déterminer l'approche que les services correctionnels devraient adopter selon l'avis des leaders de l'industrie, écrit-elle. La réponse reçue pourrait nous aider à développer et à modifier nos prochaines stratégies d'approvisionnement. »

Catherine Latimer, qui dirige la Société John Howard du Canada, un organisme national dont la mission est de favoriser le traitement juste et humanitaire des personnes incarcérées, a déclaré en entrevue qu'elle n'avait pas entendu parler d'une augmentation du nombre d'incidents impliquant des agents de probation au Canada.

Dans son rapport annuel de 2010-2011, l'enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers, prévenait que les programmes de réhabilitation et les libérations conditionnelles étaient sur leur déclin et que cette situation nuirait éventuellement à la sécurité du public. Il notait par exemple que des 9200 détenus qui devaient prendre part à l'un de ses programmes l'année précédente, seuls 5500 avaient pu en bénéficier.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a durci son approche des services correctionnels en 2008. Selon plusieurs opposants, cette vision met plus l'accent sur la coercition que sur la réhabilitation.