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02/10/2012 03:34 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

État des infrastructures : un bilan inquiétant au pays

Alors que les récents témoignages entendus à la commission Charbonneau corroborent les allégations de corruption qui entourent l'industrie de la construction, les infrastructures décrépitent dans les grandes villes canadiennes et les coûts pour les entretenir ne cessent d'augmenter.

Y a-t-il un lien à faire entre les allégations de corruption et l'état du réseau routier? Quoi qu'il en soit, année après année, les Montréalais ont l'impression que leur ville est en constante réparation : un flot de cônes orange, des chantiers de construction à ne plus finir, des routes à refaire et des systèmes d'égout qui s'affaissent.

Montréal était pourtant considérée comme la ville d'avenir dans les années 50 et 60. L'heure était à la construction, mais « il y a eu un manque chronique d'entretien », selon le professeur à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal, Gérald Beaudet

« Et pendant ce temps-là, on négligeait les équipements en place, comme si par pensée magique, on s'imaginait que ces choses-là étaient pour tenir le coup, qu'on aurait à les réparer un moment donné, mais qu'il n'y aurait pas d'impact entre-temps », précise Gérald Beaudet.

Et la décrépitude des infrastructures n'est pas qu'un problème montréalais. Le gouvernement fédéral s'est d'ailleurs engagé à investir près de 2 milliards de dollars par année pour les infrastructures municipales prioritaires jusqu'en 2014.

En juin dernier, au coeur du centre-ville de Montréal, un pan de la rue Sainte-Catherine s'est effondré. Ottawa a vécu le même scénario le mois dernier lorsqu'une chaussée s'est affaissée près de l'autoroute. Et à Toronto, un bloc de béton est tombé de l'autoroute Gardiner en mai, puis en juin.

Aujourd'hui au Canada, le coût des réparations pour les municipalités est de 123 milliards de dollars. À ce montant s'ajoutent 115 milliards pour la construction de nouvelles infrastructures, pour atteindre un total de 238 milliards de dollars.

À lui seul, le réseau routier montréalais coûte 16 milliards de dollars, une somme que la Ville ne possède pas, étant la municipalité la plus endettée du pays. En attendant, on répare et on ajuste pour que ce soit sécuritaire, mais tout ceci ne peut tenir qu'à court terme.