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02/10/2012 04:08 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Syrie: le régime pilonne des localités près de Damas, exode des habitants

L'armée syrienne concentrait ses attaques mardi sur plusieurs localités de la province de Damas où, selon des militants, des habitants de Douma, au nord-est de la capitale, fuyaient les bombardements.

L'armée syrienne a violemment bombardé à l'aube plusieurs localité proches de la capitale accusées d'abriter des rebelles, et deux civils ont été tués à Douma, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui se base sur un large réseau de militants et de médecins à travers le pays.

Une vidéo postée par des militants parle de l'"exode" des habitants de Douma en raison des bombardements et montre plusieurs véhicules à bord desquels on peut apercevoir des femmes, sur une route en pleine nuit.

Parallèlement, six soldats ont été tués dans une attaque lancée par les rebelles contre un centre médical dans la ville où sont stationnés les militaires. "L'armée a transformé ce centre en caserne et ses snipers y étaient positionnés", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Toujours dans la région de Damas, la localité de Yabroud, au nord-est de la capitale, a également été violemment bombardée à l'artillerie lourde et au mortier, selon les Comités locaux de coordination (LCC), un réseau de militants.

La ville de Zabadani, à une cinquantaine de km au nord-ouest de Damas, autrefois une destination touristique importante pour ses vues panoramiques et son climat doux, a elle aussi été bombardée à l'aube alors qu'elle est assiégée depuis des mois par les forces gouvernementales.

Le quotidien officiel al-Baas évoquait mardi l'approche de "la fin des opérations" dans la province de Damas".

Les forces gouvernementales "ont détruit de nombreux stocks d'armes et saisi de grandes quantités de munitions et d'équipements dont des mitrailleuses fabriquées en Israël, ce qui augure de l'approche de la fin des opérations de sécurité dans l'ensemble de la province de Damas", écrit le journal.

Ailleurs dans le pays, à Alep (nord), deuxième ville du pays et enjeu majeur du conflit, le quartier de Hanano City a été violemment bombardé à l'aube, faisant des blessés, d'après l'OSDH.

Lundi, des combats entre soldats et rebelles se sont déroulés aux abords des souks d'Alep, joyau historique classé par l'Unesco dans la métropole du nord, déjà partiellement détruit par un incendie à la suite de combats ce week-end.

Cette journée avait également été marquée par des raids aériens qui ont coûté la vie à au moins huit enfants dans le nord-ouest du pays.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi le régime syrien "à montrer de la compassion pour son propre peuple" et a solennellement mis en garde Damas contre toute utilisation de son arsenal d'armes chimiques.

Cet appel a été relayé par Téhéran, principal allié régional de la Syrie. Le ministre iranien des affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a souligné, également à New York où se tient l'Assemblée générale des Nations unies, que "si cette hypothèse se vérifiait (...), ce serait la fin de tout"

"Si un pays quel qu'il soit, y compris l'Iran, utilise des armes de destruction massive, c'est la fin de la validité, de la légitimité (...) de ce gouvernement", a insisté le représentant iranien.

Le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Mouallem, a pour sa part assuré à la tribune de l'ONU que Damas "croit toujours en une solution politique", tout en accusant les Etats-Unis de tenter d'instrumentaliser la question des armes chimiques, que Damas a reconnu posséder il y a deux mois.

Par ailleurs, le Yémen a confirmé mardi la capture début septembre en Syrie de cinq de ses officiers par un groupe islamiste rebelle, tout en assurant qu'ils ne prenaient aucune part aux combats.

Cet enlèvement a été revendiqué dimanche dans une vidéo le Front Al-Nosra, implanté notamment à Alep, qui a accusé les officiers yéménites d'avoir porté main-forte à l'armée syrienne. Selon Saana, il s'agit cependant de simples "étudiants" à l'académie militaire d'Alep.

Par ailleurs, un journaliste américain pigeant notamment pour le Washington Post, Austin Tice, 31 ans, porté disparu depuis la mi-août en Syrie, est apparu lundi sur une vidéo diffusée sur internet, entouré d'hommes scandant "Allah Akbar". Washington estime qu'il est aux mains du régime de Damas.

Les violences ont fait 156 morts en Syrie lundi, dont 84 civils selon l'OSDH. Le conflit a fait plus de 30.000 morts depuis son début en mars 2011, selon cette source.

Au moins 21 civils, dont huit enfants, ont été tués dans un raid aérien mené lundi par les troupes du régime de Bachar al-Assad sur la localité de Salqine, dans la province d'Idleb, proche voisine d'Alep, selon l'OSDH et des militants.

La rébellion a par ailleurs affirmé avoir pris des missiles anti-aériens longs de plusieurs mètres dans un arsenal de l'armée situé dans le secteur de Ghouta, dans la province de Damas.

bur-phs/sw