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02/10/2012 11:03 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Présidentielle américaine: quelques grands moments des débats

WASHINGTON - WASHINGTON (Sipa) — Les débats organisés avant l'élection présidentielle aux Etats-Unis ont donné lieu à des moments mémorables depuis 1960. Voici quelques morceaux choisis:

RONALD REAGAN:

"Je ne vais pas exploiter, pour des raisons politiques, la jeunesse et l'inexpérience de mon adversaire."

Quand Ronald Reagan a gagné la course à la Maison Blanche en 1980, à 69 ans, il était l'homme le plus âgé élu. Durant sa campagne victorieuse pour sa réélection en 1984, on lui a posé des questions sur son âge alors qu'il était opposé à Walter Mondale, 56 ans, l'ancien vice-président de Jimmy Carter.

Un des modérateurs du débat, Henry Trewhitt, journaliste diplomatique au "Baltimore Sun", a suggéré que l'âge de Ronald Reagan pouvait constituer un problème pour la sécurité nationale.

"Vous êtes déjà le plus vieux président de l'histoire et certains de vos collaborateurs disent que vous êtes fatigué après votre dernière rencontre avec M. Mondale", a déclaré M. Trewhitt. "Je rappelle que le président Kennedy a dû passer des jours à très peu dormir pendant la crise des missiles à Cuba. N'y a-t-il aucun doute dans votre esprit sur le fait que vous soyez capable de remplir votre fonction en toutes circonstances?"

Ronald Reagan a répondu du tac-au-tac: "Je veux aussi que vous sachiez que je ne ferai pas de mon âge un enjeu de cette campagne. Je ne vais pas exploiter, pour des raisons politiques, la jeunesse et l'inexpérience de mon adversaire", a-t-il riposté dans un éclat de rire.

GERALD FORD:

"Il n'y a pas de domination soviétique sur l'Europe de l'Est."

Pendant son deuxième débat contre le démocrate Jimmy Carter, en 1976, le président Gerald Ford a semblé ignorer l'étendue du domaine d'influence de l'Union soviétique.

"Il n'y a pas de domination soviétique sur l'Europe de l'Est et il n'y en aura pas sous une administration Ford", a assuré le président américain. "Je suis désolé. Est-ce que je dois comprendre que vous dites, monsieur, que les Russes n'utilisent pas l'Europe de l'Est comme leur sphère d'influence en occupant la plupart des pays là-bas?", lui a demandé Max Frankel, du "New York Times".

Jimmy Carter en a profité pour remettre en cause les vues du président sur l'Europe de l'Est. "Je voudrais voir M. Ford convaincre les Américano-Polonais et les Américano-Tchèques et les Américano-Hongrois dans ce pays, que ces pays ne vivent pas sous la domination et la surveillance de l'Union soviétique derrière le Rideau de fer...", a lancé Jimmy Carter.

MICHAEL DUKAKIS:

"Toute ma vie je me suis opposé à la peine de mort."

En 1988, le journaliste animant le débat a demandé au démocrate Michael Dukakis s'il resterait opposé à la peine de mort si sa femme Kitty était violée et tuée, ou s'il changerait d'avis. "Non (...) et je pense que vous savez que, toute ma vie, je me suis opposé à la peine de mort", a-t-il répondu sans hésiter, "je ne vois pas de preuve que ce soit dissuasif et je pense qu'il y a des moyens meilleurs et plus efficaces de traiter le crime violent". Sa réponse a tendu à accréditer son image de technocrate froid, pour le plus grand profit de son adversaire George H. Bush (le père).

Parfois, les mots comptent moins que les attitudes.

A ce jour, le seul débat télévisé qui ait véritablement influé sur l'issue de l'élection présidentielle fut le premier, qui opposa Richard Nixon à John Fitzgerald Kennedy le 26 septembre 1960. Apparu mal rasé, les yeux cernés, dans un costume se fondant avec le décor du studio, Nixon perdit la bataille de l'image face à un Kennedy bronzé, détendu et vêtu d'un costume bleu offrant un bon contraste pour les images en noir et blanc de l'époque. De petits détails qui firent toute la différence.

En 1992, le président républicain George H. Bush a fait mauvaise impression. Il a regardé sa montre alors qu'un électeur l'interrogeait sur les difficultés économiques lors d'un débat, ce qui suggérait que la question l'ennuyait. Il n'a pas été réélu face à Bill Clinton.

Le vice-président démocrate Al Gore a envoyé pour sa part un message d'impatience pendant un débat qui l'opposait en 2000 à George W. Bush, alors gouverneur du Texas, par une série de soupirs bruyants, comme s'il était à bout de nerfs.

Al Gore a aussi surjoué son incrédulité vis-à-vis de certaines affirmations de son adversaire pendant leur premier débat. Le vice-président a roulé des yeux, mimique jugée exagérée tant par son personnel que par les Américains. Al Gore a perdu face à George W. Bush.

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