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02/10/2012 07:30 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Les allégations visant Robert Abdallah ont des échos à Ottawa

Les déclarations visant l'ex-directeur général de la Ville de Montréal Robert Abdallah faites mardi par l'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito ont eu des répercussions jusqu'à Ottawa.

Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, l'ex-vice-président de la firme Infrabec, Lino Zambito, a allégué que M. Abdallah était intervenu dans l'attribution, par la Ville de Montréal, d'un contrat obtenu par Infrabec en 2005 et qu'il aurait reçu en retour 300 000 $.

À la Chambre des communes, l'opposition officielle a rappelé qu'en 2007, Robert Abdallah avait été le choix du gouvernement conservateur pour occuper le poste de président du Port de Montréal, une agence fédérale. M. Abdallah n'a finalement pas obtenu ce poste.

« Pourquoi les conservateurs voulaient-ils tant le placer quelque part? », a demandé le député de Rosemont-La Petite Patrie. « Est-ce parce qu'il sait très bien comment contourner les règles au bénéfice de ses amis? », a-t-il lancé.

« Le président du Port de Montréal est nommé par le conseil d'administration », a répondu le secrétaire parlementaire du ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, Pierre Poilièvre. « Le conseil d'administration n'a pas nommé M. Abdallah comme président, a-t-il rappelé.

Il a en outre contre-attaqué en décochant une flèche personnelle à l'endroit de M. Boulerice, évoquant ses liens antérieurs avec Québec solidaire.

La réplique conservatrice a laissé les néo-démocrates sur leur faim.

« Il y a des noms qui reviennent constamment, et nous on se demande [...] pourquoi les conservateurs voulaient absolument placer M. Abdallah », a expliqué M. Boulerice aux journalistes. Il a spécifié qu'il incomberait à la cour de déterminer la véracité les allégations de M. Zambito, mais que d'ici là, le rôle de l'opposition officielle était de poser des questions aux troupes de M. Harper. « Malheureusement, ils ne répondent pas », a-t-il déploré.

Les libéraux se sont montrés plus prudents. Plusieurs noms seront mentionnés au cours des audiences de la commission Charbonneau, a fait valoir le chef libéral intérimaire, Bob Rae. « On ne peut pas arriver à la conclusion que quelqu'un est coupable juste par le fait qu'il est nommé dans une commission », a-t-il indiqué.

Robert Abdallah a par ailleurs nié catégoriquement les allégations de Lino Zambito à son endroit.

Retour sur des jeux de coulisses au Port de Montréal

La partie de bras de fer qui se serait jouée en 2007 afin que Robert Abdallah soit nommé à la tête de l'agence fédérale avait été révélée en avril 2011 par une enquête conjointe de Radio-Canada et du Globe and Mail.

Les sources avaient affirmé qu'à l'époque, Dimitri Soudas, alors l'attaché de presse adjoint du premier ministre Stephen Harper et son conseiller politique pour le Québec, avait clairement indiqué à trois membres du conseil d'administration du port, respectivement nommés par les paliers fédéral, provincial et municipal, que Robert Abdallah était le choix du gouvernement Harper.

Cette affaire d'ingérence politique et de jeux de coulisses aurait aussi impliqué la Ville de Montréal ainsi que l'entrepreneur en construction Tony Accurso et Bernard Poulin, président du groupe de génie-conseil SM. Les principaux intéressés avaient nié avoir mis de la pression en faveur de la nomination de Robert Abdallah.