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02/10/2012 10:40 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Le président géorgien reconnaît la défaite

Le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, a reconnu la défaite de son parti aux élections législatives au lendemain du scrutin. Il a déclaré que l'opposition menée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili pourrait former un gouvernement.

Il s'agit de la première passation de pouvoir en Géorgie depuis l'indépendance du pays en 1991 lors de l'éclatement de l'Union soviétique.

« Cela signifie que la majorité parlementaire devrait former un nouveau gouvernement et, en tant que président, conformément à la Constitution, je ferai tout mon possible pour faciliter son travail, afin que le Parlement puisse se choisir un président et mettre sur pied un gouvernement », a déclaré Mikheïl Saakachvili.

Les résultats partiels montrent que la coalition du Rêve géorgien, de Bidzina Ivanichvili, possède une avance déterminante sur le Mouvement national uni (ENM) du président Saakachvili, au pouvoir depuis près de neuf ans.

Une odeur de scandale

L'élection législative s'est déroulée dans un climat de tension à la suite des révélations, en septembre, de vidéos montrant des gardiens infligeant des sévices à des détenus d'une prison Tbilissi. Ces révélations avaient provoqué d'importantes manifestations dans les rues de la capitale.

Le revers aux élections législatives constitue un désaveu du président Saakachvili, porté au pouvoir à la faveur de la révolution des roses de l'hiver 2003. M. Saakachvili et Ivanichvili devront cohabiter ensemble à la tête du pays, le premier à titre de président et le second, vraisemblablement, dans le fauteuil de premier ministre.

La popularité du président s'est émoussée en 2008 lors d'un bref conflit armé opposant la Géorgie à la Russie. Le conflit avait exacerbé les séparatismes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud qui sont d'ailleurs reconnues comme des entités indépendantes par Moscou et plusieurs autres États.

Quant à Ivanichvili, 56 ans, c'est un milliardaire dont la fortune est évaluée à 6,4 milliards de dollars. Une fortune qui représente près de la moitié du produit intérieur brut de la Géorgie. Il a axé sa campagne électorale sur ce qu'il a appelé « le système Saakachvili » et la dérive antidémocratique.

Le président Saakachvili, de son côté, accuse le nouveau chef du gouvernement de vouloir rapprocher le pays de la Russie où il a fait l'essentiel de sa fortune.