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02/10/2012 07:30 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

La monnaie iranienne touche un nouveau plus bas face au dollar (changeurs)

Le rial iranien a touché un nouveau plus bas historique face au dollar mardi, avant de reprendre une partie de terrain perdu en début d'après-midi, selon des sites spécialisés et des agents de change interrogés par l'AFP.

Un dollar a valu mardi en milieu de journée jusqu'à 35.500 rials selon un site spécialisé de change, des agents de change évoquant même le cours de 37.000 rials, contre 34.700 la veille.

Selon le ministre du Commerce Mehdi Ghazanfari, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a donné lundi soir l'ordre d'agir contre les gens qui perturbent volontairement, selon lui, le marché des devises.

Le rial s'est légèrement repris en début d'après-midi, le dollar tombant brièvement à 32.600 rials avant de repartir à la hausse à 34.300 rials.

En un an, depuis l'adoption de sanctions pétrolières et bancaires renforcées par la communauté internationale face au programme nucléaire controversé de Téhéran, le rial a perdu plus de 80% de sa valeur.

Des responsables iraniens ont reconnu que les sanctions économiques occidentales avaient un effet sur la situation du marché des devises, tout en s'interrogeant sur la gestion du dossier par l'administration du président Mahmoud Ahmadinejad.

"Le taux de change n'est pas seulement une question économique (...) il s'explique par des facteurs sécuritaires, politiques et culturels et malheureusement les responsables compétents ne sont pas très actifs", a déclaré M. Ghazanfari.

"Une partie de ce trouble s'explique par les sanctions", a déclaré pour sa part le président de la Chambre de commerce de Téhéran, Yahya Ale Es-hagh, cité par l'agence Mehr, ajoutant que ces turbulences étaient dues à une "guerre" économique lancée par l'Occident contre l'Iran.

Toutefois, a-t-il souligné, "celui qui n'est pas capable de gérer la situation en temps de crise ne doit pas continuer à rester à son poste".

La semaine dernière, le président Ahmadinejad a affirmé que l'Iran pourrait réfléchir à des négociations directes avec les Etats-Unis sur la question nucléaire. Ce qui lui a attitré les foudres d'une partie des conservateurs.

Mardi, Mehdi Mohammadi, une figure proche du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge du dossier nucléaire, a critiqué dans un éditorial publié par le quotidien Vatan Emrouz une telle approche.

"Est-ce que la situation du marché de devises est due aux sanctions ? Non ce n'est pas le cas et ce n'est pas comme si les revenus en devises n'étaient pas suffisants pour répondre aux besoins du pays", a-t-il affirmé.

"Le problème n'est pas un manque de devises. Le problème vient 1 - de la gestion de l'exécutif qui est le principal fournisseur de devises sur le marché (...), 2 - de la mafia ou des mafias qui ont des rentes pour avoir des devises au taux faible, et enfin d'un climat psychologique crée pour que les gens qui n'ont jamais vu un dollar soit poussé à penser qu'il faut tout vendre pour acheter des dollars", a-t-il ajouté.

Il a vivement reproché au président d'avoir évoqué des négociations avec les Etats-Unis: "L'expérience historique montre que parler de négociations dans ces conditions envoie seulement un signal de faiblesse."

sgh/phs