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01/10/2012 06:21 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Tunisie: quatre journalistes en grève de la faim contre leur directeur

Quatre journalistes du groupe de presse tunisien Dar Essabah ont débuté lundi une grève de la faim pour obtenir le départ du directeur général, nommé par le gouvernement et en conflit avec ses rédactions depuis le mois d'août, a-t-on appris auprès de leurs collègues.

"Un groupe de quatre journalistes a commencé la grève de la faim. Ils réclament le départ de ce directeur (Lotfi Touati), la liberté d'expression, le respect des droits des journalistes", a indiqué à l'AFP Essia Atrous du service international du quotidien arabophone Essabah.

Selon elle, M. Touati, accompagné de trois gardes du corps, a tenté, sans succès, d'empêcher deux des grévistes d'entrer lundi matin dans le siège du groupe de presse, où les journalistes manifestent quotidiennement depuis 32 jours.

Les rédactions du groupe, qui publie les quotidiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français) ainsi qu'un hebdomadaire, luttent depuis août contre l'arrivée de M. Touati, nommé par le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahda et suspecté de vouloir influencer la ligne éditoriale de ces titres.

Selon le syndicat national des journalistes (Snjt), M. Touati a occupé des fonctions dans la police avant de devenir journaliste. Il aurait aussi collaboré avec le régime déchu du président Zine El Abidine Ben Ali.

Les journalistes de Dar Essabah exigent en outre le règlement de sommes impayées depuis neuf ans (850.OOO euros de primes, heures supplémentaires, etc.) et se posent en acquéreurs "prioritaires" en cas de vente des titres.

Dar Essabah, qui emploie 200 personnes, était détenu à 80% par Sakher El-Materi, gendre de Ben Ali, avant de passer sous le contrôle de l'Etat après la révolution de 2011.

Le Snjt, qui appuie les revendications des journalistes, a déposé un préavis de grève générale pour le 17 octobre et accuse le gouvernement de vouloir contrôler la presse dans le perspective des prochaines élections.

Les autorités tunisiennes entretiennent des relations conflictuelles avec plusieurs médias publics et sont accusées de vouloir les contrôler via notamment la nomination de directeurs proches du gouvernement.

alf/sw