NOUVELLES
01/10/2012 01:14 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Tunisie: grèves et manifestations à Sidi Bouzid et près de Kasserine

Quelques centaines de personnes ont manifesté lundi à Sidi Bouzid et des enseignants ont observé une grève pour dénoncer l'arrestation de manifestants la semaine dernière dans cette région berceau de la révolution tunisienne, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Tunis, trois députés de Sidi Bouzid ont entamé une grève de la faim au siège de l'Assemblé nationale constituante pour soutenir les revendications de la région.

La grogne a également gagné la région limitrophe de Kasserine dans le centre-ouest, où une grève générale a paralysé la localité de Laâyoune (22.000 habitants) contre l'exclusion et le chômage qui atteint le taux de 50%.

A Sidi Bouzid, les manifestants ont défilé dans le centre ville avant de se rassembler face au siège du gouvernorat (préfecture), criant des slogans contre les islamistes au pouvoir et réclamant la démission du gouverneur.

Par ailleurs, une grande partie des enseignants du secondaire ont refusé de travailler lundi, un collègue faisant partie des manifestants dont ils réclament la libération.

Douze personnes avaient été arrêtées mercredi après plusieurs jours de protestations contre le chômage et la précarité, et de nouvelles interpellations s'étaient produites le lendemain.

Une grève générale avait déjà été observée samedi dans la localité de Menzel Bouzaïane, dans cette même région, pour la libération des manifestants.

Les trois députés en grève de la faim -- Mohamed Brahimi, Ahmed Khaskhoussi et Tahar El-Ilah -- ont précisé dans un communiqué exiger eux-aussi la libération des personnes interpellées, l'arrêt des poursuites contre les manifestants et le limogeage du gouverneur de Sidi Bouzid.

Ville déshéritée, Sidi Bouzid a été le berceau de la révolte qui a renversé l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, après le suicide par immolation de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant.

La région --qui compte près de 12.000 diplômés chômeurs--, accuse le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda d'ignorer les revendications populaires, en particulier la création d'emplois.

Dans la même région du centre-ouest, à Laâyoune, des habitants ont défilé à l'appel de syndicats, d'ONG et de partis politiques pour dénoncer l'exclusion, le chômage et la pauvreté, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Laâyoune a été marginalisé à toutes les époques et par tous les régimes, les précédents comme l'actuel", a déclaré Ounaies Laabidi, un dirigeant syndical.

Cette localité se situe à 30 km environ de Kasserine, chef-lieu d'une région montagneuse qui a payé un lourd tribut au soulèvement populaire de décembre 2010-janvier 2011.

str-ms-alf/Bsh/phs