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01/10/2012 11:06 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Mitt Romney mise sur le débat de mercredi pour rattraper son retard sur Obama

WASHINGTON - Mitt Romney espère rattraper son retard sur Barack Obama mercredi lors du premier débat de la campagne présidentielle aux États-Unis, qui sera consacré à la politique intérieure.

Les trois débats prévus entre le président démocrate et son adversaire républicain pourraient faire pencher la balance dans ce scrutin au résultat encore incertain, même si les derniers sondages donnent un léger avantage à Barack Obama.

Le président sortant, qui n'a plus l'avantage d'être un nouveau visage de la vie politique aux États-Unis comme c'était le cas en 2008, va devoir convaincre les Américains sceptiques qu'il peut accomplir, au cours d'un second mandat, ce qu'il n'a pas réussi à faire en quatre ans.

Pour rester dans la course, Mitt Romney doit convaincre qu'il représente une solution de rechange crédible à Barack Obama, avec un plan plus efficace pour relancer l'économie.

«La tâche est plus difficile pour Mitt Romney», estime Wayne Fields, professeur de science politique à l'université Washington à Saint-Louis, au Missouri. «Il y a manifestement aujourd'hui une incertitude quant au fait qu'il soit vraiment prêt pour ce travail.»

Les deux candidats ont effectué des centaines de déplacements de campagne, des milliers de publicités télévisées ont été diffusés et des milliards de dollars ont été dépensés, mais les débats constituent un moment particulier dans la campagne. Plus de 50 millions de personnes devraient regarder chaque débat, soit le record de l'année aux États-Unis pour un événement à caractère politique.

Quarante-et-un pour cent des Américains ont dit avoir vu tous les débats en 2008, et 80 pour cent ont déclaré qu'ils en avaient vu au moins une partie, selon un sondage de l'institut Pew.

Cet intérêt très élevé pour les débats présidentiels a tendance à éclipser les autres aspects de la campagne pendant un moment. Les sondages suggérant que M. Obama a gagné du terrain dans tous les États-pivots où le scrutin s'annonce le plus serré, la pression pèse désormais sur les épaules de son rival républicain, contraint de réaliser une excellente performance pour essayer de rattraper son retard.

Le débat de Denver, consacré à la politique intérieure, doit durer 90 minutes. Il sera diffusé en direct à partir de 21 h, et les deux candidats à la présidence seront assis côte à côte.

Le deuxième débat, ouvert aux questions du public, aura lieu le 16 octobre à Hempstead, dans l'État de New York, tandis que le troisième, consacré aux questions internationales,se déroulera le 22 octobre à Boca Raton, en Floride. Le vice-président Joe Biden et le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, auront leur propre débat le 11 octobre à Danville, au Kentucky.

Le vote par anticipation a déjà commencé dans plus de la moitié des États, et les impressions suscitées par les débats pourraient bien être définitives pour certains. L'Ohio, l'État-pivot le plus important, commencera à voter mardi. Ce que les deux candidats diront aura une grande importance, mais la manière dont ils le diront pourrait compter encore plus.

«On se souvient des impressions visuelles des débats plus que des mots spécifiques», souligne Alan Schroeder, qui a écrit sur l'histoire des débats présidentiels aux États-Unis.

Que les candidats sourient ou grimacent, qu'ils soient sur l'offensive ou la défensive, qu'ils parlent avec une voix forte ou non, tout revêt de l'importance. Cela pourrait être particulièrement le cas pour les électeurs qui n'ont pas encore fait leur choix, et ceux qui peuvent encore changer d'avis.

Des électeurs indécis «qui sont inquiets en général pour leur vie, s'ils manquent de confiance en eux, vont choisir la personne la plus charismatique», analyse Patti Wood, une spécialiste en langage corporel à Atlanta. Selon elle, les deux candidats ont des progrès à faire dans ce domaine.

Barack Obama, 51 ans, est apparu «très fatigué et très tendu» dernièrement, et Mitt Romney, 65 ans, «a un problème parce qu'il apparaît condescendant et froid», souligne-t-elle. D'après Patti Wood, l'ancien gouverneur du Massachusetts «semble un petit peu plus jeune qu'Obama actuellement» en ce qui concerne l'énergie qu'il dégage.

Barack Obama estime toutefois que Mitt Romney ne pourra pas changer la dynamique de la campagne. «Il continue à dire qu'il va relancer cette campagne, et ils vont commencer à expliquer très précisément comment ce plan va fonctionner, et ensuite, ils ne le feront pas», a-t-il lancé la semaine dernière alors qu'il faisait campagne en Virginie.