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01/10/2012 04:47 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Les soldats somaliens et de l'Union africaine entrent dans Kismayo

Les soldats somaliens et ceux de l'Union africaine (UA) sont entrés lundi dans Kismayo, dans le sud-est de la Somalie, désertée par les islamistes shebab depuis plus de 48 heures.

Selon les témoignages des habitants, les premiers soldats du contingent kényan de la Force de l'UA en Somalie (Amisom), épaulés par des forces pro-gouvernementales somaliennes, ont amorcé leur déploiement en matinée par l'ouest de la ville. Un habitant a évoqué « des officiers somaliens et des Kényans très lourdement armés ».

En fin d'après-midi, plusieurs habitants rapportaient toutefois qu'ils ne voyaient que des soldats somaliens, mais pas de troupes kényanes. Il était impossible de savoir si celles-ci s'étaient retirées ou si elles se faisaient discrètes.

Des résidents ont en outre dit avoir aperçu des membres de la milice Ras Kamboni, liée à l'un des clans présents dans Kismayo, laissant craindre de possibles affrontements pour le contrôle de la ville et de son port lucratif. Les diverses milices sont liées à des clans rivaux dont certains se disputaient la ville avant l'arrivée des shebab.

« Ras Kamboni nous inquiète, ils sont liés à un clan et les autres clans protesteront s'ils prennent le contrôle du port et de l'aéroport », a expliqué l'un des habitants, Dhuhulow Abdirahman. D'autres résidents disaient craindre la guerre civile.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, avaient annoncé samedi matin avoir quitté la ville, qu'ils contrôlaient depuis août 2008, pendant la nuit afin d'opérer un « repli tactique ». Il s'agissait de leur dernier bastion d'importance. La veille, le contingent kényan de l'Amisom avait lancé un assaut massif par la mer, appuyé par des bombardements aériens.

Chassés de Mogadiscio en août 2011, les insurgés islamistes ont depuis perdu un à un tous leurs bastions d'importance. Ils continuent cependant de contrôler de vastes portions du sud et du centre du pays.

Ce dernier revers devrait les priver d'une part importante des revenus qu'ils tiraient du port, mais il ne signifie toutefois pas l'anéantissement du mouvement, qui, depuis un an, a multiplié les actes de guérilla et les attentats. Les shebab ont notamment été accusés de s'en prendre sur son territoire aux forces de sécurité et aux touristes occidentaux.

Casse-tête politique

Imposer l'autorité du nouveau gouvernement somalien sur Kismayo se présente comme un défi, estime le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

« Kismayo est réellement un casse-tête, et le gouvernement envisage de lancer une médiation entre les clans afin de mettre en place une administration locale conjointe pour éviter des violences », a en outre indiqué sous le couvert de l'anonymat un proche du président Hassan Cheikh Mohamoud, élu en septembre.

Ej Hogendoorn, chef du projet Corne de l'Afrique à l'ICG, a pour sa part souligné que la ville avait toujours été difficile à contrôler. « Les trois principaux clans s'y sont continuellement battus depuis 20 ans pour le contrôle du port et de ses revenus », a-t-il expliqué. « La communauté internationale en est consciente et a tenté de favoriser un accord entre les trois clans, mais jusqu'ici cela a échoué », a-t-il ajouté.