NOUVELLES
01/10/2012 05:42 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Les Haïtiens ignorent l'interdiction des sacs de plastique, qui commençait lundi

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Plusieurs commerçants haïtiens ont ignoré, lundi, l'entrée en vigueur de l'interdiction de vendre et d'utiliser des sacs de plastique et des contenants de nourriture en polystyrène décrétée par le gouvernement.

Dans un marché bondé de Pétionville, des douzaines de vendeurs continuaient de proposer des sacs et des contenants de nourriture à emporter à leurs clients, sans craindre d'être inquiétés par les autorités.

Interrogés sur le sujet, certains ont répondu avoir l'intention de continuer d'agir ainsi, à moins que le gouvernement leur offre d'autres emplois. D'autres commerçants ont affirmé qu'ils vendraient d'autres types de produit si le gouvernement réussissait à faire respecter l'interdiction.

«C'est très bien que le gouvernement veuille bannir les contenants, mais il faut aussi proposer une solution de rechange», a soutenu Innocent Petit-Frère, un marchand de 57 ans qui, comme plusieurs, achète en gros des contenants de polystyrène en République dominicaine. Il revend des paquets de 100 contenants pour la somme de 6,87 $ US.

M. Petit-Frère se demande comment les gens feraient pour manger leurs repas pour emporter sans contenants. «Il faut manger, et on ne peut tout simplement pas poser la nourriture par terre», a-t-il dit, alors que ses collègues empilaient des sacs de riz importé.

L'interdiction des sacs de plastique a été annoncée en août par le bureau du premier ministre Laurent Lamothe. L'objectif du gouvernement est de diminuer la quantité de détritus éparpillés à travers la capitale, Port-au-Prince, et qui bouchent les égouts, essentiels pour éviter les inondations. La mesure devrait affecter la majorité pauvre du pays, qui comprend plusieurs personnes vivant de la vente itinérante de sacs et de boîtes.

La confusion règne quant à l'application de l'interdit. Personne ne semble savoir si le gouvernement réussira à le faire respecter et si les contrevenants seront punis.

Le bureau du premier ministre n'a pas répondu aux questions à ce sujet dans l'immédiat. Le ministre de l'Environnement, Jean Vilmond Hilaire, n'a pas pu être joint lundi pour commenter la situation.

Le marchand de sacs Ovinthe Aristide espère qu'il pourra écouler son stock avant que les autorités décident de faire respecter l'interdiction. Le cas échéant, il se mettra à la recherche d'un autre produit à vendre.