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01/10/2012 05:06 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Chute de 9% de la valeur du rial iranien à son niveau historique le plus bas (sites de change)

La monnaie iranienne le rial a connu lundi une nouvelle chute de près de 9% face au dollar à l'ouverture du marché libre, atteignant son niveau historique le plus bas, résultat d'une pénurie de divises fortes en raison des sanctions économiques occidentales.

Vers midi, le dollar s'échangeait à 32.300 rials sur le marché libre, contre environ 29.600 la veille.

Une heure après l'ouverture du marché, certains sites spécialisés ont cessé d'afficher le taux de change entre le rial et le dollar mais continuaient à le donner pour l'euro et les autres devises fortes. Les agences Mehr, Isna et le site spécialisé Mesghal donnaient pour leur part le taux de change du marché libre pour le dollar.

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU ainsi qu'à un embargo bancaire occidental mis en place depuis 2010 par les Etats-Unis et l'Union européenne pour sanctionner son refus de cesser ses activités nucléaires sensibles. L'Occident accuse l'Iran, qui dément, de vouloir fabriquer l'arme atomique.

Le dollar valait seulement 13.000 rials fin 2011, ce qui signifie que la monnaie iranienne a perdu en un an 75% de sa valeur. La monnaie iranienne n'a cessé de reculer par paliers successifs, victime de la pénurie de devises et de l'inflation galopante provoquées par les sanctions bancaires et pétrolières occidentales contre l'Iran.

La dégringolade du rial affecte gravement l'économie.

"C'est un désastre", a déclaré à l'AFP le directeur d'une société d'importation sous couvert de l'anonymat. "Un client a perdu un milliard de rials en un jour" soit 30.000 dollars selon l'actuel taux.

Lundi, les agents de change refusaient d'acheter et de vendre des dollars.

"Nous ne savons pas ce qui va se passer dans les prochains jours et ce que le gouvernement va faire", a déclaré l'un d'eux cité par Fars.

Ces taux sont "artificiels et il n'y pas de réels échanges sur le marché", a déclaré Nosrat Ezzati, le porte-parole de l'Association des agents de change, cité par l'agence officielle Irna.

La dégringolade du rial affecte aussi le secteur de l'immobilier.

"Le marché immobilier est stable. De petits appartements sont vendus mais les prix n'augmentent pas", a déclaré un agent immobilier dans la ville de Machhad, située dans le nord-est de l'Iran.

Les sanctions économiques occidentales qui visent à réduire les exportations de pétrole et empêcher dans le même temps les transactions des pétrodollars affectent directement le cours de la monnaie.

Le gouvernement a créé la semaine dernière un nouveau "centre d'échange" où des dollars sont mis à la disposition des importateurs à un taux inférieur à celui du marché libre.

Mais la création de centre n'a pas empêché la chute du rial.

"Ce centre a en fait accéléré la hausse du dollar", a déclaré à l'AFP Hirad Hatami un journaliste économique.

"C'est une bulle (...) Nous devons donner du temps, par exemple deux semaines pour voir si ce centre peut permettre de contrôler le marché", a-t-il ajouté.

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