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29/09/2012 10:00 EDT | Actualisé 29/11/2012 05:12 EST

Les impressionnistes subliment la mode au musée d'Orsay

PARIS - Crinolines, volants, corsets et gants blancs, le musée d'Orsay invite à une lecture fascinante des oeuvres impressionnistes par le prisme de la mode du XIXe siècle. Autour de toiles de Monet, Renoir, Manet ou encore Degas, l'exposition "L'impressionnisme et la mode" met en regard une cinquantaine de robes et d'accessoires, prêts des musées Galliera et des Arts décoratifs, pour souligner la finesse du travail et le sens de l'observation de ce mouvement pictural, soucieux de son environnement et de ses contemporains.

Attachés à la description de l'homme "moderne" dans son cadre de vie, ils sont les témoins de l'essor de la mode dans les années 1860-80, portée par l'ouverture des premiers grands magasins.

L'impressionnisme et la mode sont "nés à Paris", donc l'association entre les deux "sujets paraît tellement naturelle!", souligne à Sipa Guy Cogeval, commissaire de l'exposition et président du musée d'Orsay. Il a conçu l'exposition avec Gloria Groom de l'Art Institute de Chicago, à l'origine de cette "merveilleuse idée".

La mode, un des piliers de la culture française, prend une place de plus en plus grande avec la naissance des revues spécialisées et illustrées où de grandes signatures de l'époque livrent leur vision de la mode, comme Mallarmé, Zola, Baudelaire dont les phrases rythment le parcours de l'exposition. "Tout ce qui orne la femme, tout ce qui sert à illustrer sa beauté fait partie d'elle-même", disait Baudelaire.

Et parmi les 76 tableaux présentés, certains portraits féminins attirent instantanément l'oeil par la complexité et la beauté de leurs toilettes, telles que la robe ample rose pâle à gros boutons de la "Jeune Dame" de Edouard Manet, une toile rarement prêtée par le Metropolitan Museum of Art de New York, et choisie comme affiche de l'exposition.

Ce grand tableau figure dans une salle rouge vif, encadré de chaises dorées placées en rangées avec les noms de personnalités de l'époque écrits à la main sur des cartons, un clin d'oeil aux défilés de mode actuels. La scénographie parfois osée de Robert Carsen, metteur en scène d'opéra, déroule une garde-robe complexe de femmes qui se changeaient plusieurs fois par jour avec des codes vestimentaires à respecter, qu'elles soient à la maison, en promenade, ou à l'opéra.

Et la réputation d'élégance des Parisiennes semble déjà établie avec plusieurs tableaux éponymes de Manet ou Renoir, car, comme l'écrivait Arsène Houssaye en 1869, "la Parisienne n'est pas à la mode, elle est la mode"!

Influencé par les impressionnistes, le travail du peintre James Tissot éblouit par le choix des toilettes qu'il faisait revêtir à ses modèles telle que cette robe en mousseline blanche, à volants et noeuds jaunes, qui apparaît sur deux toiles différentes.

"Dans la serre", Albert Bartholomé peint son épouse en tenue d'été de coton blanc imprimé de pois et rayures violettes, une tenue conservée par sa femme et présentée juste à côté de la toile, qui affiche un tour de taille d'à peine 32 centimètres.

Un univers très féminin, où la mode masculine paraît bien triste comme en témoignent les quelques costumes présentés aux côtés de portraits d'homme de cette période: costume noir et peu de fantaisie comparé à la profusion de froufrous et de couleurs offerte aux femmes. Cette exposition originale voyagera par la suite à New York et à Chicago.