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28/09/2012 03:51 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Sclérose en plaques: Ottawa autorise une étude clinique sur la méthode Zamboni

TORONTO - La première étude clinique longuement attendue d'un traitement controversé pour la sclérose en plaques a reçu le feu vert et recrutera bientôt ses premiers patients, a annoncé vendredi la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq.

Se trouvant à Halifax dans le cadre d'une rencontre avec ses homologues provinciaux et territoriaux, Mme Aglukkaq a indiqué qu'environ 100 patients seront retenus pour cette étude clinique visant à évaluer les risques inhérents à une procédure consistant à débloquer d'étroites veines du cou et l'efficacité de cette méthode pour réduire les symptômes de la maladie.

Cet état, appelé insuffisance veineuse céphalorachidienne, a été mis de l'avant comme une possible cause de la sclérose en plaques par le chirurgien vasculaire italien Paolo Zamboni.

Il y a plus de trois ans, ce médecin a émis l'hypothèse que des veines étroites et tordues dans le cou et le torse créaient un surplus de sang dans le cerveau, provoquant des dépôts de fer qui pourraient mener aux lésions cérébrales typiques de la sclérose en plaques.

L'insuffisance engendre la destruction de la protéine BMP, la couche protectrice entourant les nerfs du corps, provoquant une incapacité physique et cognitive progressive. De 55 000 à 75 000 Canadiens souffriraient de la sclérose en plaques, et le pays a l'un des plus haut taux de cette maladie incurable au monde.

Le Dr Anthony Traboulsee, le directeur médical de la clinique de sclérose en plaques du centre hospitalier de l'Université de la Colombie-Britannique, supervisera l'étude de 6 millions $, qui sera tout d'abord menée à Vancouver et à Montréal. Des autorisations médicales et éthiques ont également été demandées pour effectuer certaines sections de l'étude à Québec et Winnipeg.

«Il s'agira d'une étude au hasard où les patients souffrant de l'insuffisance veineuse seront sélectionnés aléatoirement pour recevoir la veinoplastie ou un faux traitement», a déclaré vendredi le Dr Traboulsee.

«Après un an, les rôles seront inversés pour que tous reçoivent éventuellement le traitement.»

Une veinoplastie _ la technique utilisée dans la méthode Zamboni pour élargir les veines _ est identique à une angioplastie visant à agrandir les artères coronariennes; un petit ballon est introduit dans le vaisseau sanguin, puis grossi.

Plusieurs milliers de patients canadiens auraient voyagé à l'étranger pour se prêter à la procédure de dilatation des veines depuis les premiers reportages sur la méthode Zamboni, en 2009, déboursant des milliers de dollars pour ce traitement.

La méthode Zamboni aurait eu un certain succès, plusieurs patients ayant fait état d'une amélioration de leurs symptômes. Plusieurs décès et complications ont cependant poussé un groupe de médecins à demander à Ottawa de mener tout d'abord une étude clinique.

L'étude du Dr Traboulsee est conçue pour déterminer le niveau de sécurité et d'efficacité du traitement.

«La sécurité est franchement importante. Nous avons suivi des patients qui ont voyagé à l'étranger pour le traitement, et avons découvert un taux de complications de 11 à 12 pour cent», a-t-il dit.