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28/09/2012 09:20 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Pour l'arbitre fautif au Mondial-2010, le foot a au moins pu évoluer

S'il a vécu des heures pénibles au Mondial-2010 pour avoir refusé un but valide à l'Angleterre, l'essentiel pour Jorge Larrionda est que cette erreur ait incité la Fifa à tester une technologie promise aux arbitres du Mondial-2014 qu'il forme à Zurich.

  Au grand malheur de l'arbitre uruguayen, ses assesseurs et lui furent bien les seuls à ne pas voir qu'un tir de Frank Lampard avait franchi la ligne de but allemande en huitièmes de finale. Ce qui mit en émoi la petite planète du ballon rond.

  "Ce fut évidemment un moment difficile", avance Jorge Larrionda lors d'une rencontre avec la presse. "L'arbitre doit toujours vivre avec ses erreurs, cela fait partie de son travail, l'erreur est humaine, ce n'est pas nouveau".

"Mais le côté positif fut que cela fut un tournant dans l'évolution de l'arbitrage", souligne l'Urugayen. "Le monde du football a réagi et commencé à comprendre que les capacités humaines de l'arbitre pourraient être améliorées par des moyens. L'idée est de protéger le jeu, protéger les décisions, pour protéger la crédibilité du sport".

C'est en voyant sa bourde de Bloemfontein que le patron de la Fifa, Sepp Blatter, jusqu'alors opposé à la vidéo, est devenu un fervent partisan de l'utilisation de la technologie limitée à la ligne de but.

  "Comme président de la Fifa j'ai vu et j'ai dit: maintenant pour la prochaine Coupe du monde, il ne peut pas nous arriver la même chose, sinon je peux aller me cacher, partir", soulignait fin août le Suisse.

Cette technologie sur la ligne de but va être introduite lors du Mondial des clubs cet automne, où seront testés deux systèmes - l'un par reconstitution de la trajectoire à partir d'images vidéo et l'autre basé sur le champ magnétique avec un ballon spécial -, puis à la Coupe des Confédérations en 2013 et au Mondial-2014.

"C'est pour le bénéfice du jeu et sa crédibilité. Le football est un sport crédible, c'est pourquoi il est si populaire", estime Jorge Larrionda. Après avoir tenu le sifflet lors des Mondiaux 2006 et 2010, l'Uruguayen met désormais à profit son expérience en tant qu'instructeur technique des prochains arbitres qui officieront au Brésil dans deux ans.

  Une cinquantaine d'arbitres de tous les continents, dont certains ont aussi une grosse erreur qui leur colle à la peau, ont été conviés à un premier séminaire d'une semaine au siège de la Fifa à Zurich. Mais seulement une trentaine, et pas forcément ceux-ci, devraient faire partie du grand rendez-vous sud-américain.

  "La liste est très ouverte. On démarre avec 52, mais c'est comme une équipe nationale de football, il faut gagner sa sélection", prévient Massimo Bussaca, le chef de l'arbitrage de la Fifa.

  "Nous ne voulons pas créer des robots, mais nous pouvons trouver plus de régularité et d'homogénéité", insiste l'ancien arbitre suisse, qui prévient: "nous voulons des arbitres ayant du courage, ce qui veut dire que même en cas de doute, on ne peut pas laisser le jeu continuer et se dire +Ok, la prochaine fois, je serai prêt +."

"Manquer un penalty dans un grand match, c'est clair que cela peut peser beaucoup sur une carrière", fait valoir Massimo Bussaca. "Mais un arbitre vraiment bon, avec une grande personnalité, est celui qui oublie tout de suite ce qui s'est passé parce qu'il doit être prêt pour dimanche prochain."

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