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28/09/2012 08:02 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Les rebelles progressent à Alep mais pas de percée significative (chefs insurgés)

Les rebelles ont progressé sur plusieurs fronts à Alep, sans toutefois effectuer de percée significative après plusieurs heures de très violents combats, ont affirmé vendredi à l'AFP des commandants insurgés de la métropole du nord de la Syrie.

Des combats d'une ampleur "sans précédent" dans la ville ont éclaté jeudi après-midi après l'annonce par les rebelles du lancement d'une bataille décisive pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie. Ils ont fait rage jusqu'à vendredi matin, avant de baisser en intensité en début d'après-midi.

Cinq civils et cinq rebelles ont péri vendredi dans les combats et les bombardements, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

"Sur le front de Salaheddine (sud-ouest), nous avons pris une des bases de l'armée régulière. Au moins 25 soldats ont péri dans cette attaque", a rapporté Abou Fourat, l'un des dirigeants de la brigade al-Tawhid, la plus importante unité rebelle d'Alep.

"Nous entendions les soldats sur leur radio appeler leurs chefs pour demander des renforts, ils pleuraient et ils disaient +nous allons tous mourir+", a rapporté un de ses hommes, qui a participé aux combats.

Un autre combattant a fait état de 20 rebelles tués et d'une soixantaine de blessés dans les rangs insurgés.

Plusieurs milliers de combattants rebelles avaient lancé jeudi après-midi une attaque coordonnée sur plusieurs fronts afin de repousser les forces régulières notamment des quartiers de Salaheddine, Seif al-Dawla (sud-ouest), Izaa (nord), al-Amiryia et As-Soukkari (est).

Selon plusieurs commandants rebelles, ils ont avancé sur as-Soukkari et Izaa.

A Salaheddine, les rebelles ont progressé avant de se replier, faute de munitions, selon Abou Fourat. "Pour mener une guérilla de rue, il faut des bombes et nous n'en avons pas", a-t-il déploré.

Le nouvel objectif des rebelles est désormais la mosquée des Omeyyades d'Alep, sur la ligne de front au coeur de la vieille ville. Des combats se poursuivaient à la mi-journée aux abords de l'édifice religieux, a constaté l'AFP.

Selon Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, les combattants insurgés, originaires de toutes les régions syriennes, ont fait venir "des renforts et des équipements" pour faire face à la puissance de feu des forces gouvernementales. Rebelles et troupes régulières se disputent depuis le 20 juillet le contrôle de la capitale économique du pays, qui était auparavant restée à l'écart de la contestation.

"Avant, les affrontements se déroulaient dans une ou deux rues d'un secteur, maintenant c'est sur plusieurs fronts", a-t-il précisé.

Dans des quartiers du centre-ville contrôlés par le régime et jusqu'à présent épargnés par les violences, comme Sleimaniyé et Sayyed Ali, les habitants ont rapporté à l'AFP des tirs de mortier rebelles "sans précédent".

"Je n'ai jamais entendu quelque chose comme ça avant", a affirmé Ziad, 30 ans, qui réside et travaille à Sleimaniyé.

Une source militaire a affirmé à l'AFP que les combats les plus violents avaient éclaté à l'aube dans les quartiers d'Arkoub et Mayssaloun (est), pendant plusieurs heures. Jeudi soir, les rebelles avaient tenté "à plusieurs reprises" de pénétrer sur la place Saadallah al-Jabiri, dans le centre, sans y parvenir, selon cette source.

Dix insurgés ont été tués vendredi par l'armée alors qu'ils tentaient de pénétrer dans le quartier kurde de Cheikh Maksoud, dans le nord de la capitale économique du pays, a indiqué encore ce responsable militaire.

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