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28/09/2012 09:16 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Les rebelles lancent une nouvelle offensive dans la plus grande ville de Syrie

BEYROUTH - Les combats se sont intensifiés vendredi à Alep, dans le nord de la Syrie, où les insurgés ont lancé une nouvelle offensive contre les forces gouvernementales, ont indiqué des militants de l'opposition.

D'après des militants et des insurgés, des combattants kurdes participent aux combats aux côtés des forces du régime, pour la première fois depuis le début du soulèvement en Syrie, en mars 2011.

Autrefois un bastion du régime du président Bachar el-Assad, Alep, la capitale commerciale du pays qui comte trois millions d'habitants, est l'un des principaux enjeux du conflit syrien. Sa chute constituerait une victoire stratégique majeure pour l'insurrection, qui s'emparerait ainsi de positions dans le nord du pays, près de la frontière turque.

Des militants de l'opposition présents sur place ont rapporté vendredi les combats les plus violents depuis deux mois. Des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), principale organisation de l'insurrection, ont lancé ce qu'ils qualifient de «bataille décisive» pour déloger les troupes gouvernementales d'Alep, selon ces militants.

Depuis une première offensive des rebelles en juillet, aucun camp n'est parvenu à prendre l'avantage à Alep, en dépit d'affrontements sporadiques.

«La ville vit l'une de ses journées les plus violentes. Tous les fronts sont en feu», a déclaré Baraa al-Halabi, un militant présent à Alep. Des affrontements ont éclaté dans les quartiers de Midan, Maysaloun, Azamiyeh, Salaheddine, Seif al-Dawla et Cheikh Maksoud, ainsi que dans la vieille ville.

Selon Baraa al-Halabi, certains des combats les plus violents se déroulent dans un secteur à majorité kurde du quartier de Cheikh Maksoud. Le principal mouvement de la rébellion à Alep, la Brigade Tawhid, a annoncé sur sa page Facebook que ses combattants étaient entrés dans le quartier pour en déloger les combattants kurdes pro-gouvernementaux.

La télévision publique syrienne a rapporté que l'armée avait repoussé l'attaque dans le quartier avec l'aide des résidants. Ces informations n'ont pas pu être confirmées de source indépendante en raison des restrictions d'accès de la presse imposées par les autorités syriennes.

L'agence de presse syrienne SANA a confirmé que des combats se déroulaient dans plusieurs quartiers d'Alep, affirmant que des dizaines de rebelles avaient été tués.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, les combats de vendredi ont fait au moins 23 morts à Alep.

À Washington, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré que selon des informations des services de renseignement, le gouvernement syrien a déplacé certaines de ses armes chimiques afin de les mettre en sécurité.

«Où exactement, nous le savons pas», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse. «Je ne dispose pas d'informations spécifiques concernant l'opposition et le fait de savoir si elle s'en est procurée ou non», a-t-il ajouté.

En juillet, la Syrie a reconnu pour la première fois posséder un arsenal chimique et biologique, menaçant d'y avoir recours en cas d'attaque étrangère.

Damas détiendrait des gaz neurotoxiques, comme le gaz moutarde, des missiles Scud capables de projeter ces gaz mortels, ainsi que des armes conventionnelles comme des roquettes antichar et des missiles portables dernier cri.

Certains pays, Israël en particulier, craignent que ces armes tombent entre les mains des rebelles qui combattent le président Bachar el-Assad, ou qu'elles soient utilisées contre la population syrienne pour défendre le régime. Le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, avait déclaré en juillet envisager si nécessaire une opération contre l'arsenal militaire syrien afin d'empêcher que des armes chimiques et des missiles tombent aux mains de militants du Hezbollah libanais ou affiliés à Al-Qaïda.