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28/09/2012 09:37 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Le président yéménite, reçu jeudi à la Maison Blanche, a rencontré Joe Biden

Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi a rencontré jeudi le vice-président Joe Biden à la Maison Blanche, lors de sa première visite officielle dans la capitale américaine, où il a ensuite pointé le besoin d'une aide pour "combattre le terrorisme" dans son pays.

Cette visite est intervenue alors que les "amis du Yémen", rassemblés en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, lui ont justement promis 1,5 milliard de dollars supplémentaires, portant à 7,9 milliards le montant accordé au pays le plus pauvre de la péninsule Arabique pour soutenir son "processus de transition" politique sur deux ans.

La nouvelle promesse de ce groupe dont les chefs de file sont l'Arabie saoudite et le Royaume-Uni constitue "un signe fort sur le fait que la communauté internationale sait ce qui est en jeu au Yémen", a affirmé Inger Andersen, vice-président de la Banque Mondiale.

Jeudi, M. Biden a remercié le président yéménite "pour ses efforts destinés à sécuriser nos diplomates et notre ambassade au Yémen", comme l'avait fait le président Barack Obama plus tôt dans la semaine, a précisé la Maison Blanche.

M. Obama avait brièvement rencontré son homologue mardi à New York, le remerciant pour sa coopération suite aux violences qui ont éclaté contre les Américains au Moyen-Orient, après la diffusion d'une vidéo islamophobe produite aux Etats-Unis.

A Washington vendredi, M. Hadi -- qui s'est aussi entretenu avec le conseiller du président Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan -- a souligné sa "volonté politique" de combattre Al-Qaïda dans son pays, et surtout a appelé les Etats-Unis a fournir une aide économique dans sa lutte contre le réseau terroriste, qui a profité de l'affaiblissement du pouvoir central à Sanaa lors de l'insurrection populaire en 2011 contre l'ex-président Ali Abdallah Saleh pour renforcer son emprise dans l'est et le sud du pays.

"Nous avons toujours besoin d'une assistance économique pour mettre en place une transition pacifique et éviter la guerre civile", a expliqué M. Hadi lors d'une conférence de presse à Washington.

Cette aide financière est "la chose la plus importante que nous demandons aux Etats-Unis car le niveau de pauvreté fait le lit d'Al-Qaïda. Nous avons 600.000 jeunes qui sont au chômage: Al-Qaïda les enrôle, les entraîne pendant trois mois. Une fois qu'ils ont le cerveau lavé, ce sont des machines prêtes à faire des attaques suicide", a poursuivi le dirigeant yéménite.

Celui-ci a également souligné l'importance du soutien militaire américain dans "l'utilisation des drones, qui permettent de viser une cible sans marge d'erreur". Délogé en juin de l'un de ses bastions (la province sudiste d'Abyane), Al-Qaïda a toutefois trouvé refuge plus à l'est et poursuit ses attaques.

"Nous payons beaucoup en sang et en vies de civils, les hôtels sont fermés, il n'y a plus de touristes", a soupiré M. Hadi lors de cette conférence.

Elu en février, il a succédé à Ali Abdallah Saleh, contraint au départ sous la pression de la rue après 33 ans au pouvoir, en vertu d'un accord conclu avec l'aide des monarchies du Golfe et de pays occidentaux.

M. Hadi s'est également dit "sérieux dans l'application de cet accord" sur le plan de la participation des femmes à la transition politique.

La stabilité politique du pays est cruciale pour Washington, la branche locale d'Al-Qaïda ayant déjà tenté de lancer des attentats contre les intérêts américains, en particulier contre un avion de ligne en approche de Detroit (nord) le jour de Noël 2009.

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